Nouvelle vie, nouvelle vocation pour l'église St.James the Less

Le retrait de six vitraux de l'église St.James... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

Agrandir

Le retrait de six vitraux de l'église St.James the Less a débuté ce lundi. Ils seront acheminés au Bishop's College School où ils seront restaurés et conservés. Ci-contre, le vitrail dédié à la mémoire de Suzanne MacPherson de Saint-Jean de Terre-Neuve, une jeune élève du King's Hall décédée en 1953 à l'âge de 15 ans.

La Tribune, Maryse Carbonneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Coaticook) L'église St.James the Less ne sera pas démolie. C'est ce qu'a annoncé son nouveau propriétaire, l'homme d'affaires René Jubinville, suivant l'évaluation de l'état de santé du bâtiment. La réouverture de l'église est prévue le 1er juillet 2016 afin d'y accueillir divers événements et célébrations, dont les mariages, réunions et spectacles.

Bien que des travaux majeurs de réparation soient nécessaires avant l'ouverture des portes, incluant la réfection de la toiture et l'installation de nouvelles fondations, M. Jubinville considère que le prix d'achat d'un dollar lui donne la latitude dont il a besoin pour procéder aux investissements.

Malgré cette heureuse nouvelle, le promoteur déclare ne pas avoir du tout apprécié « ce qui s'est passé et comment ça s'est passé ». M.Jubinville faisant référence aux tollés de protestations et de questionnements qu'avait suscités l'annonce de la vente de l'église St.James, notamment en raison de son rôle de conseiller municipal. Une annonce qui avait pris par surprise à la fois le conseil municipal lui-même, le Comité sur l'avenir de l'église St.James, ainsi que la communauté comptonoise. « Je n'ai jamais dit que je démolirais l'église, poursuit M. Jubinville. Il ne faut pas créer des histoires avec des choses qui ne sont pas dites. Au lieu de dire n'importe quoi, je prends l'information et quand elle est bonne et précise, je parle. Présentement les choses se calment et j'en suis très content. »

Retrait et restauration des vitraux

Après consultation au sein de la communauté de Compton et suivant l'entente établie entre le Diocèse anglican de Québec et le promoteur, le Bishop's College School (BCS) a entrepris le retrait d'éléments patrimoniaux dont la cloche, des bancs, ainsi que 6 des 10 vitraux, une sélection dictée par le lien qu'ont ces vitraux avec l'histoire du King's Hall situé à proximité.

Cette démarche s'appuie sur l'histoire même de BCS, l'institution s'étant fusionnée avec le King's Hall en 1972. De fait, le BCS s'est engagé à « restaurer les objets et à les incorporer au sein d'expositions historiques dans l'espoir de préserver une importante partie de l'histoire qu'ont partagée le King's Hall et la communauté anglicane de Compton. »

« Devant l'incertitude autour de l'avenir de l'église St.James et du patrimoine qu'elle contient, nous ne pouvons que nous réjouir que le Bishop's College School se soit impliqué pour sauvegarder et mettre en valeur une partie de ce patrimoine », a commenté Jeanmarc Lachance, porte-parole du Comité sur l'avenir de l'église St.James.

Par ailleurs, BCS demeure ouvert à d'autres options, dont celle de « retourner le patrimoine à Compton pour des projets ou dans l'église elle-même, souligne Greg Stevenson, directeur de l'avancement à BCS. Suivant la restauration des vitraux et les plans mis de l'avant par M.Jubinville, un ou plusieurs vitraux pourraient même être réintégrés à l'église. C'est un sujet qui touche toute la communauté et nous tentons vraiment de trouver les meilleures façons afin de préserver la culture et le patrimoine dans la région. » En collaboration avec d'anciennes élèves du King's Hall, une collecte de fonds est en cours afin de recueillir l'argent nécessaire à la restauration des vitraux.

Les gens intéressés à faire un don pour la restauration des vitraux sont invités à communiquer avec Susan Cook ou Catherine Ruscigno au 819566-0227 ou à acheminer leur don en ligne à www.bishopscollegeschool.com/donate.

Des leçons pour l'avenir ?

Les membres du Comité sur le patrimoine religieux de la MRC de Coaticook sont inquiets. Malgré l'intention avouée du nouveau propriétaire de l'église St.James the Less de ne pas démolir le bâtiment, ils s'interrogent malgré tout sur la « façon que cette église, témoin éloquent de la vie de Compton aux XIXe et XXe siècles, sera préservée », peut-on lire dans un mémoire intitulé, le cas de l'église St.James the Less de Compton : Des leçons pour l'avenir de notre patrimoine bâti et paysager. Texte qui a récemment été envoyé, entre autres, aux autorités de la MRC et aux municipalités locales.

De fait, les membres « s'étonnent du manque de prévoyance pour protéger notre actif patrimonial commun et du peu de sensibilité manifesté à l'égard de sa protection dans le cas du site de l'église St.James. » Un cas qui, selon eux, méritent non seulement réflexion, mais action.

« Comme nous avons 34 églises sur notre territoire, quelle sera la prochaine église? demande Jean-Pierre Pelletier, président du Comité sur le patrimoine religieux. D'autant plus que les paroisses catholiques ont tendance à se contracter, alors que les églises protestantes sont pratiquement toutes orphelines et à la recherche de protecteurs. »

« Les municipalités sont en mode réactif à l'égard du patrimoine religieux et même en général, ce n'est donc pas un sujet pour lequel elles se sont donné des outils et avec lequel les élus sont familiers, poursuit M. Pelletier. On devrait se donner une vision à l'échelle de la MRC, penser ensemble le territoire, à savoir ce qu'on protège et ce qu'on ne protège pas. Nous n'avons pas les moyens de tout conserver et tout ne vaut pas la peine d'être conservé. »

Recommandations

Le mémoire est accompagné de plusieurs recommandations émises à l'intention de divers intervenants dont, entre autres, la reconnaissance au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de tous les éléments qui forment sa richesse patrimoniale, outiller les municipalités afin de les aider à protéger et mettre en valeur le patrimoine, inviter le Diocèse anglican de Québec à revoir sa procédure d'abandon des bâtiments excédentaires pour y insérer une plus grande transparence et que les autorités municipales de Compton élaborent et diffusent des règles claires quant à l'utilisation d'informations privilégiées à l'intention des membres de son conseil. Comme dernière recommandation, les membres du Comité s'engagent à faire preuve de plus de vigilance pour dénoncer les situations qui mettent en danger le patrimoine bâti et paysager.

« Il faut avoir en tête qu'il y a déjà beaucoup d'éléments qui sont prévus dans le nouveau schéma d'aménagement concernant le patrimoine. On a fait des pas de géants dans ce domaine-là, souligne Dominick Faucher, directeur général de la MRC de Coaticook. Le mot d'ordre du nouveau schéma est d'être souple et stratégique, alors que le Comité sur le patrimoine religieux souhaiterait que l'on soit plus normatif. Reste à voir si les maires adopteront cette vision. »

Le mémoire sera déposé à la prochaine réunion du conseil des maires qui se tiendra le 18 novembre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer