Après la traite et la fabrication du fromage

Dans la vie, Sonia Bolduc boit le lait... (Collaboration spéciale)

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Dans la vie, Sonia Bolduc boit le lait de ses chèvres, mange le fromage fait du lait de ses chèvres, mange les oeufs de ses poules, les poulets qu'elle élève, les légumes et les fines herbes qu'elle fait pousser.

Collaboration spéciale

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Chronique / Je viens tout juste de faire deux petits fromages frais. Vous vous en moquez peut-être un peu, mais je vous le dis parce que c'est important dans l'histoire. Essentiel même. Parce que j'ai fait ce fromage avec le lait de mes chèvres. Parce que dans la vie, je bois le lait de mes chèvres, je mange le fromage fait du lait de mes chèvres, je mange les oeufs de mes poules, les poulets que j'élève, les légumes et les fines herbes que je fais pousser.

C'est essentiel parce qu'en début de semaine, quand l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé ce que tout le monde sait déjà depuis des années, à savoir que la viande rouge et les charcuteries sont cancérigènes, y a mon ami-collègue un tantinet angoissé-irrité qui a soulevé la question :

« Coudonc! Faut-il aller vivre à la campagne comme toi pour avoir dans notre assiette de la bouffe qui est bonne pour nous?! »

Non. Je veux juste vous rassurer, au cas où vous êtes allergiques au pollen ou aux grands espaces, un inconditionnel du béton et de l'asphalte ou que la noirceur et le silence vous terrorisent : vous pouvez rester en ville et trouver du bon à mettre dans votre assiette.

Tiens, la preuve, si vous retournez à la fin du premier paragraphe, vous verrez qu'il n'y a pas là de mention concernant le boeuf, le porc, l'agneau, les charcuteries, les fruits et tutti quanti.

« Une autre mangeuse de tofu », direz-vous. Tellement pas. Pas que j'en mange pas, même que ma douce vous dirait qu'on en mange trop souvent. Mais on aime bien la viande aussi. Pas tous les jours, et sûrement pas trois fois par jour. Mais de temps en temps, assez souvent, un tartare de boeuf, une fondue, un jambon, une porcetta, un gigot, ô que oui mes agneaux!

Alors? Alors tout est une question d'équilibre et de priorité, mon ami. Équilibre comme dans variété dans le menu. Des fois, un risotto aux légumes, un végéburger au sésame, une omelette, une polenta aux champignons, une pizza maison pommes et bleu ou une soupe-repas aux haricots blancs et légumes-feuilles, ça remplace bien les côtelettes ou le rôti de palette.

Mais l'équilibre vient après que tu aies fait de ton assiette et de celle de ta famille une priorité. Une priorité comme dans « je vais acheter et manger un peu moins de viande, mais je vais faire des choix de meilleure qualité »; Comme dans « je vais manger du porc, du boeuf et des charcuteries, moins souvent, et en me renseignant sur la provenance, l'élevage et l'alimentation de l'animal, sur la transformation et les ingrédients de mes charcuteries ».

Bon. Moi, j'achète un demi-cochon élevé dans la nature et nourri avec les restes d'un jardin bio et le lait d'une vache canadienne magnifique. J'aime bien ça. Et j'achète du boeuf sans hormones ni antibiotiques. Idem pour l'agneau. Mais peut-être que ce genre de trucs, ça ne te branche pas tant, mon ami. Mais si oui, fouille un peu, renseigne-toi auprès des petits producteurs, discute avec les gens de ton marché public, demande aux gens du Marché de solidarité, peut-être qu'ils vont pouvoir t'aider. C'est sûr qu'ils vont pouvoir t'aider.

Sinon comment? Y a les étiquettes. C'est intéressant, les étiquettes. Faut les lire, les étiquettes. Et il ne faut pas que ce soit long à lire, des étiquettes. Si c'est long, c'est qu'il y a trop de stock. Repose ça dans l'étal.

Et y a le boucher, c'est encore plus intéressant le boucher. Il connaît ses produits, le boucher. Il devrait connaître ses produits et ses producteurs, le boucher. Comme le maraîcher, le boulanger, l'épicier, le poissonnier. Comme le citoyen-consommateur-mangeur qui n'a plus envie de mettre sa tête dans le sable et de la cochonnerie dans son assiette.

Sortir sa tête du sable pour la pencher davantage sur son assiette, c'est finalement le meilleur truc entre tous.

Quoique, quelques chèvres et des poules...

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