Migrants : le ton montre entre l'Allemagne et l'Autriche

L'Allemagne et l'Autriche se renvoient la balle au... (AP, Kerstin Joensson)

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L'Allemagne et l'Autriche se renvoient la balle au sujet du sort réservé à des milliers de personnes bloquées à la frontière entre les deux pays.

AP, Kerstin Joensson

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Associated Press

Le ton monte entre l'Allemagne et l'Autriche face aux dizaines de milliers de migrants qui continuent d'affluer vers l'Union européenne pour échapper à la guerre et à la pauvreté.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a vertement critiqué l'Autriche mercredi pour avoir apparemment abandonné des milliers de personnes à la frontière entre les deux pays, en pleine nuit.

M. de Maizière a ajouté que le comportement de l'Autriche est inacceptable depuis quelques jours. Il a ensuite déclaré aux journalistes que les dirigeants autrichiens n'ont jamais prévenu l'Allemagne de l'arrivée imminente de milliers de migrants et réfugiés.

« (Des) réfugiés sont conduits vers certains endroits sans avertissement, dans le noir, et puis ils se présentent à la frontière allemande sans préparation, a dit le ministre. Le comportement de l'Autriche est déplacé depuis quelques jours. »

Son homologue autrichienne, Johanna Mikl-Leitner, a répliqué que l'Autriche est submergée par les réfugiés parce que l'Allemagne en accepte trop peu.

« Les gens marchent vers l'Allemagne parce qu'ils s'y sentent invités », a-t-elle dit, en référence aux propos de la chancelière allemande Angela Merkel qui laissaient entendre que tous ceux qui ont droit à l'asile sont les bienvenus. Mme Merkel a dit que les pays européens ont le devoir de protéger ceux qui en ont besoin, mais que le fardeau doit être partagé équitablement.

Mme Mikl-Leitner et le ministre de la Défense Gerald Klug ont tous deux déclaré au diffuseur ORF qu'une clôture pourrait devoir être érigée le long de la frontière de l'Autriche avec la Slovénie pour mieux contrôler le flot de réfugiés. M. Klug a évoqué la mise en place de conteneurs pour « contrôler les migrants de manière ordonnée ».

Mme Mikl-Leitner a déclaré devant le Parlement que la construction de barrières « techniques » commencera après une dizaine de jours de préparation, mais elle n'a pas fourni de calendrier plus précis. Elle a toutefois insisté qu'il n'est « pas question d'encercler l'Autriche d'une clôture ».

Le projet risque néanmoins d'essuyer une tempête de critiques, aussi bien en Autriche que sur la scène internationale en raison du message qu'il envoie aux autres pays qui sont également aux prises avec cette marée humaine. L'Autriche avait d'ailleurs dénoncé la décision de la Hongrie de sceller ses frontières avec des barbelés.

La Slovénie a elle aussi déclaré mercredi qu'elle envisage de construire une clôture le long de sa frontière avec la Croatie, ce qui pourrait provoquer une nouvelle réaction en chaîne le long du trajet emprunté par les migrants.

« Si c'est nécessaire, nous sommes prêts à ériger une clôture dès maintenant », a dit le premier ministre slovène Miro Cerar.

La Croatie a rapporté mercredi un déclin marqué du nombre de migrants arrivés mardi et pendant les premières heures de mercredi, sans toutefois pouvoir expliquer le ralentissement.

Le ministre de Maizière a par ailleurs prévenu que la plupart des Afghans qui arrivent en Allemagne seront probablement renvoyés chez eux.

« Ceux qui nous arrivent comme réfugiés depuis l'Afghanistan ne peuvent pas tous s'attendre à pouvoir rester en Allemagne », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que l'Allemagne et d'autres pays occidentaux ont consacré des millions de dollars au développement de l'Afghanistan; qu'ils ont envoyé des soldats et des policiers pour former les forces de l'ordre afghanes; et que le gouvernement afghan estime lui aussi que ses citoyens devraient rester chez eux.

L'Allemagne a mis en place des mesures pour accélérer le traitement des migrants, ce qui signifie que ceux qui fuient une guerre civile (comme les Syriens) peuvent espérer un accueil rapide, mais aussi que les autres peuvent s'attendre à être expulsés plus rapidement.

Les autorités suédoise ont enfin annoncé qu'elles ne dévoileront plus publiquement où se trouvent les centres d'accueil pour réfugiés, après qu'une vingtaine de ces centres aient été détruits ou endommagés par des incendies - dont certains qui seraient criminels.

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