Des parents forcés de trouver un plan B

Avec la fermeture des écoles mercredi en raison... (Imacom, Jessica Garneau)

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Avec la fermeture des écoles mercredi en raison de la grève, les parents se sont trouvés des plans B. Plutôt que de prendre congé, plusieurs d'entre eux ont inscrit leur enfant aux activités du complexe sportif de l'Université Bishop's. Sur la photo, l'animatrice d'un jour Caroline Longpré a gardé les buts contre les attaques de ses adversaires, dont le jeune Thomas Jay Jalbert, qu'on reconnaît de profil.

Imacom, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Alors que les écoles et les services de garde de la région étaient fermés mercredi, différents centres ont offert un plan B aux parents. Certains grands-parents ont pratiquement tenu un service de garde en milieu familial pour l'occasion. Certains parents et élèves ont aussi manifesté leur appui aux enseignants.

Croisée à l'entrée du centre sportif de l'Université Bishop's, Martine Boucher a inscrit son garçon de sept ans aux activités spéciales organisées spécialement pour la journée de grève. « On a vu que Bishop's offrait un service spécial. On aurait dû manquer du travail pour être à la maison », souligne la mère de famille, en indiquant qu'il s'agissait de son seul plan B.

Même scénario pour Nicolas Sirois, un père monoparental dont la famille habite à l'extérieur. « Je suis nouveau dans la région... On a trouvé cette possibilité-là », a-t-il indiqué. Le centre sportif de Bishop's a l'intention d'organiser de nouveau ce genre d'activités lors des prochaines journées de grève, prévues les 12 et 13 novembre, de même que du 1er au 3 décembre en Estrie.

Trois écoliers parmi les manifestants

Âgé de neuf ans, un élève de l'école Ste-Famille, Éloi Graveline, a tenu à appuyer sa professeure Marie-Claude Tremblay « qu'il aime beaucoup ».

Le garçon a donc demandé à sa mère d'aller manifester.

« Il m'a appelée au travail en finissant l'école mardi pour me demander s'il pouvait préparer une pancarte. Donc, avec deux amis, ils ont fait leurs pancartes mardi soir en me demandant de corriger leurs fautes. Je les ai trouvés tellement mignons et allumés! Je ne sais pas s'il saisit réellement ce qui se passe, mais je crois qu'il comprend les grandes lignes. Et qu'il est solidaire face aux revendications de ses profs. Concrètement, les coupes d'activités qui touchent directement les élèves lui montrent bien l'impact des compressions budgétaires », raconte Hani Ferland, chroniqueuse à La Nouvelle.

Un papa de l'école Beaulieu dont la conjointe est enseignante avait pris congé mercredi : il est allé manifester avec ses deux filles pour appuyer les enseignants.

« Même si ma blonde n'était pas professeure, je les appuierais quand même. Les demandes initiales du gouvernement n'avaient aucun sens (plus d'heures pour le même salaire, hausse des ratios, moins de spécialistes, etc. [...] Le gouvernement a reculé là-dessus, mais les offres salariales restent inconcevables compte tenu de l'importance du travail des profs auprès de nos enfants. Ils passent plus d'heures que les parents auprès des enfants et méritent un meilleur salaire et, surtout, une plus grande reconnaissance. Je ne ferais tellement pas leur job! [...] Mon appui est un signe de reconnaissance pour ce qu'ils font au quotidien », a fait valoir celui qui préfère garder l'anonymat.

Depuis le début des négociations, Québec a laissé tomber certaines demandes jugées très irritantes, comme faire passer la semaine de travail des enseignants de 32 à 35 heures. Il a aussi renoncé à augmenter le ratio maître-élève de la 4e à la 6e année du primaire. Les syndicats jugent cependant qu'en dépit de ces avancées, ils se retrouvent « encore en arrière du statu quo ».

Des parents ont souligné qu'en le sachant à l'avance, il est plus facile de s'organiser.

Bientôt au tour du milieu communautaire

Les organismes communautaires préparent une autre mobilisation de « fermetures symboliques » qui touchera l'ensemble de l'Estrie, tout comme dans le reste de la province.

Les 2 et 3 novembre, le milieu communautaire s'unit afin de dénoncer le sous-financement et les impacts de l'austérité sur la population ainsi que l'accroissement des inégalités causé par les mesures néolibérales.

Les organisations se disent à bout de ressources et de souffle, alors qu'on cogne de plus en plus à leurs portes, dénoncent-elles.

Un rassemblement régional se tiendra le 3 novembre, à Sherbrooke, à la suite de diverses actions locales prises dans les MRC de la région, la veille.

De nombreux groupes seront ainsi en grève communautaire ou fermeture symbolique les 2 et 3 novembre, à la grandeur de la province, afin d'envoyer un message au gouvernement de Philippe Couillard.

Plus d'une soixantaine de groupes en Estrie participeront au mouvement. La liste s'allonge chaque jour, ajoute-t-on.

« En coupant les services et en détériorant les droits des personnes marginalisées et en situation de pauvreté, l'austérité s'attaque aux organismes communautaires, s'insurge-t-on. Ainsi, plus les besoins de la population augmentent, plus les groupes sont sollicités, sans pour autant voir leur financement rehaussé. »

« Après les campagnes de lettres, de courriels et de fax, après les rencontres avec les députés, les ministres et les bailleurs de fonds, après les pétitions, les activités d'éducation populaire, les campagnes de sensibilisation, les témoignages, les conférences de presse, les communiqués, les études, les marches, les rassemblements et les manifestations, que peut-on faire de plus? »

Si tous ces organismes devaient fermer leurs portes définitivement, c'est toute la société qui en souffrirait. En coupant les services et en détériorant l'accès à l'exercice des droits des personnes marginalisées et en situation de pauvreté, le recours aux groupes communautaires augmente même si leur financement ne répond déjà pas aux demandes, ajoute-t-on.

Avec Claude Plante

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