L'Estrie tourne au ralenti

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Les syndiqués se sont montrés très visibles, mercredi, notamment près des établissements d'enseignement. Un groupe de syndiqués s'est installé devant l'entrée de l'école secondaire du Triolet et du centre administratif de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), où il a bloqué l'accès à la direction.

Imacom, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Les manifestations se sont multipliées aux quatre coins de l'Estrie, mercredi matin, lors de la première journée de grève du front commun dans la région. Un peu partout, les syndiqués ont manifesté, pancartes à la main, encouragés par les klaxons des automobilistes. L'Estrie, à l'instar du Centre-du-Québec, de la Montérégie et de la Mauricie, a tourné au ralenti : des milliers de travailleurs du milieu de l'éducation et de la santé ont exercé une première journée de débrayage.

Un peu partout à Sherbrooke, les syndiqués étaient visibles, aux abords des écoles et des établissements de santé.

Un groupe de syndiqués s'est installé devant l'entrée de l'école secondaire du Triolet et du centre administratif de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), où il a bloqué l'accès à la direction.

« Je suis content de la mobilisation », a fait valoir Mathieu Couture, président par intérim du Syndicat du personnel technique et administratif de la CSRS (SPTA-CSQ). À ses yeux, l'état des négociations en est encore au même point. « On veut qu'il y ait de la pression. »

Orthopédagogue à la CSRS et déléguée syndicale au Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE), Josée Glaude estime que le point central des négociations concerne le service aux élèves.

« Dans nos communications avec les médias, je ne crois pas qu'on ait fait ressortir que nos hausses salariales ne sont pas assez importantes. Bien sûr que ça fait partie des négociations (...) Mais je pense que le point culminant de la chose, ce n'est pas tant le salaire. C'est : au moins, donnez-nous les moyens qui étaient déjà là pour fonctionner, pas couper ce qui était déjà là! »

À Champlain aussi

Fait inhabituel, des piquets de grève ont été érigés au Collège régional Champlain (CRC) de Lennoxville.

« Historiquement, on a une culture politique de ne pas aller en grève », fait valoir Anabel Piñero, conseillère au Syndicat des enseignants et des enseignantes du Collège Champlain de Lennoxville. Après avoir passé nombre d'années sans exercer de débrayage, les enseignants du collège anglophone ont voté pour la grève dans une proportion de près de 87 %.

La partie syndicale craint la nouvelle formule que souhaite utiliser Québec pour déterminer le nombre de professeurs permanents dans chaque cégep.

« En excluant du calcul un bon nombre de tâches, cela pourrait se traduire par une baisse de 7 à 10 professeurs au Collège Champlain seulement », fait valoir la CSQ en soulignant que cela pourrait représenter 1000 professeurs de moins dans le réseau.

Les syndiqués ont été très visibles. Une manifestation s'est notamment déroulée dans le secteur du Carrefour de l'Estrie sur l'heure du midi. Des syndiqués de la CSN ont aussi défilé au centre-ville.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS-Estrie), qui regroupe environ 2500 membres (dont des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des orthophonistes), a notamment dénoncé « les offres salariales méprisantes et les reculs demandés par la partie patronale en matière de retraite ». Québec veut faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans.

Les grèves tournantes du front commun ont commencé lundi au Québec. Celui-ci regroupe environ 400 000 employés de la province, dont les conventions collectives sont échues. Au chapitre salarial, il demande des augmentations d'au moins 13,5 % sur trois ans, tandis que Québec propose un gel salarial pour les deux premières années et 1 % pour les trois années subséquentes.

Parallèlement, des étudiants de la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke tiennent un boycott des cours lors des journées de grève du front commun. Jeudi, ce sera au tour des étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines de se prononcer en assemblée générale, après avoir fait la grève du 30 septembre du 3 octobre.

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