D'autres coups de fouet imminents pour Raif Badawi?

Ensaf Haidar, l'épouse de Raif Badawi, dit avoir... (La Tribune archives, René Marquis)

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Ensaf Haidar, l'épouse de Raif Badawi, dit avoir été informée que les autorités saoudiennes ont donné leur feu vert afin que le blogueur saoudien soit de nouveau flagellé.

La Tribune archives, René Marquis

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(Sherbrooke) Les autorités saoudiennes auraient donné leur feu vert afin que le blogueur saoudien Raif Badawi soit de nouveau fouetté, a déclaré son épouse Ensaf Haidar mardi. La conjointe du blogueur installée à Sherbrooke avec ses trois enfants dit avoir été informée que les séances de coup de fouet reprendraient bientôt, et qu'elles auraient lieu en prison, plutôt que sur la place publique comme en janvier dernier.

Arrêté pour les propos qu'il a tenus sur son blogue, emprisonné depuis juin 2012, Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison, une amende d'environ 300 000 $ et 1000 coups de fouet, à raison de 50 par semaine. Le châtiment corporel est attendu chaque vendredi après la prière. Une première et seule séance de flagellation a eu lieu le 9 janvier dernier, en Arabie saoudite. Le blogueur et sa famille retiennent leur souffle depuis. Les réflexions qu'il a rendues publiques sur son blogue prônaient une plus grande ouverture, notamment auprès des femmes. C'est ce qu'il lui a valu une condamnation pour « insulte à l'islam » et « atteinte à la réputation du royaume ».

La situation est d'autant plus inquiétante que la source qui avance cette information est la même qui avait prévenu Mme Haidar que son mari serait fouetté le 9 janvier dernier, explique la jeune mère de famille par voie de communiqué.

« J'interpelle le roi Salman (d'Arabie saoudite) pour qu'il gracie mon mari et qu'il lui accorde son pardon. Je lui demande aussi de permettre qu'il soit déporté au Canada pour qu'il puisse être réuni avec sa famille et qu'il puisse retrouver ses enfants, qui sont privés de leur père depuis plus de quatre ans. »

Ensaf Haidar termine en rappelant au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qu'il avait promis de supporter Raif Badawi (voir autre texte).

Amnistie internationale n'a pas eu l'information qui a été transmise à Ensaf Haidar, indique Mireille Elchacar, agente de développement régional en Estrie pour Aministie. Elle rappelle que la conjointe du prisonnier d'opinion a obtenu cette information de la même source qui l'avait informée de la première séance de flagellation. « Elle se dit : si la première fois ça s'est avéré, pourquoi pas cette fois-ci? Elle est très inquiète. »

« Il peut être fouetté à tout moment, souligne Anne Sainte-Marie, également d'Amnistie internationale. Notre degré d'alerte est toujours dans le rouge. » Selon elle, « tous les signaux que l'Arabie saoudite envoie sont affolants ». Récemment, on y dénombrait environ 137 exécutions en 2015; c'est plus que toute l'année précédente, note Mme Sainte-Marie. « Il y a de nouvelles condamnations à mort qui tombent pour les prisonniers d'opinion et pour des mineurs... Il y a une intensification de la répression de tous ceux qui peuvent émettre la moindre critique. »

Le PLC a toujours l'intention d'agir

Il est toujours dans l'intention du Parti libéral du Canada (PLC) d'agir pour obtenir la libération de Raif Badawi, selon Marie-Claude Bibeau, qui a été élue députée sous la bannière libérale dans Compton-Stanstead.

« M. Trudeau (NDLR : le premier ministre désigné du Canada) est bien au fait du dossier. Il avait pressé l'opposition d'agir », dit-elle en soulignant que c'est toujours dans l'intention du PLC de défendre ce dossier et d'être le plus actif possible. « Ce que M. Trudeau a demandé à M. Harper, il va le mettre en application », note Mme Bibeau.

M. Trudeau avait rencontré Ensaf Haidar, la conjointe de Raif Badawi, en janvier dernier. En entrevue avec La Tribune, il avait souligné que le Parti libéral du Canada (PLC) poursuivrait la bataille jusqu'à la victoire.

« À la suite des dénonciations unanimes en faveur de la liberté d'expression dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo, je pense que le Canada a un rôle important à jouer dans la cause de Raïf Badawi », avait mentionné M. Trudeau.

En acceptant d'accueillir la femme et les enfants de Raif Badawi sous le statut de réfugiés, le gouvernement canadien doit aussi prendre la responsabilité morale qui en découle, celle d'imposer le respect des droits et des valeurs canadiennes à l'égard du prisonnier d'opinion, avait-il fait valoir.

L'attitude du gouvernement conservateur a été très critiquée dans ce dossier : on lui a souvent reproché de ne pas vouloir heurter l'Arabie saoudite, un partenaire commercial du Canada.

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