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Les révélations du délateur Boulanger surprennent l'ancien directeur du SPS

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Les policiers ont porté un dur coup aux Hells Angels le mercredi 15 avril 2009. Ici au repaire des Hells à Sherbrooke, arrondissement de Lennoxville.

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(Sherbrooke) Si les membres du chapitre de Sherbrooke des Hells Angels pensaient détourner l'attention ou les budgets du Service de police de Sherbrooke durant la guerre des motards en commandant des incendies criminels, ils ont raté leur coup.

Le directeur du SPS à cette époque, Michel Carpentier, soutient que c'est bien mal connaître le système que de penser que des dépenses reliées à des enquêtes pour des incendies criminels puissent avoir un impact sur l'argent investi dans la lutte au crime organisé.

La Presse a dévoilé des volets du témoignage du délateur Sylvain Boulanger faisant partie de la preuve qui avait été déposée dans le cadre du procès SharQc visant à condamner les membres en règle du chapitre de Sherbrooke Claude Berger, Michel Vallières, Yvon Tanguay ainsi que les frères Sylvain et François Vachon.

Boulanger a rapporté que les Hells Angels de Sherbrooke avaient commandé une série d'incendies criminels visant des bâtiments de la Ville, dont la maison des jeunes et le bâtiment du club nautique de Sherbrooke, tous deux situés au parc Jacques-Cartier, à la fin des années 1990 en pleine guerre des motards.

Le délateur Boulanger aurait dû témoigner cet automne au procès pour meurtres et complot pour meurtres qui se déroulait depuis août dernier. Cependant, le 9 octobre dernier, les cinq Hells Angels de Sherbrooke ont été libérés après que le juge James L. Brunton a décrété un arrêt des procédures en raison d'un « grave abus » commis par la poursuite, levant du même coup l'interdit de publication dont les révélations du témoin spécial étaient frappées jusqu'ici.

« Je me souviens à peine de ces incendies, c'est vous dire à quel point ils ne nous ont pas déstabilisés. La piste des Hells Angels ne faisait pas partie des hypothèses pour expliquer ces incendies criminels. Je suis surpris qu'ils aient été associés à ce type d'incendie », explique l'ancien directeur du SPS.

Michel Carpentier, qui a dirigé le SPS entre 1996 et 2005, indique que si cette hypothèse avait été évoquée, le chapitre de Sherbrooke des Hells Angels aurait fait l'objet d'une attention encore plus grande.

« Les enquêtes concernant les Hells Angels et celles concernant les incendies criminels étaient travaillées à deux niveaux distincts. Les budgets de l'un n'ont jamais eu d'impact sur les budgets de l'autre. Ça ne nous a jamais empêchés de faire des blocages de routes. Pas plus que la reconstruction d'un bâtiment n'avait d'impact sur le budget de la police. Nous avons travaillé de concert avec les autres corps de police dans cette lutte contre les Hells Angels. Nous ne voulions pas combattre le cancer que représentaient les Hells Angels dans notre société et notre jeunesse avec de l'aspirine. Nous avons réclamé les moyens pour le faire », indique M. Carpentier.

Ce dernier est déçu de la libération des cinq accusés du chapitre de Sherbrooke dans le cadre du procès SharQc.

« Le lien de confiance envers le système de justice est affecté par cette décision. C'est préoccupant parce que certains peuvent penser qu'ils bénéficient d'une certaine immunité », estime l'ancien directeur du SPS.

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