Trouver un sens au non-sens

Depuis le décès de leur fille, Sylvie Massia... (Imacom, René Marquis)

Agrandir

Depuis le décès de leur fille, Sylvie Massia et René Tapp s'impliquent dans la cause du don d'organes de diverses façons.

Imacom, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alexandre Faille
La Tribune

(Sherbrooke) « Stéphanie voulait être infirmière. Un jour, elle est arrivée à la maison pleine d'énergie et m'a demandé si j'avais signé ma carte pour le don d'organes. Elle disait qu'il n'était pas question que ses organes pourrissent dans la terre, qu'elle voulait sauver des vies. Deux semaines plus tard, elle a eu un accident d'auto et elle est décédée. »

L'histoire de Stéphanie Tapp, telle que racontée par sa mère Sylvie Massia, est cruelle. La jeune femme de 17 ans avait l'avenir devant elle, un avenir qu'elle comptait passer à soigner les gens. Elle est plutôt devenue une héroïne avant son temps puisque grâce à son don d'organes, ce sont quatre vies qui ont été sauvées.

Depuis sept ans, Mme Massia et le père de Stéphanie, René Tapp, s'impliquent dans la cause du don d'organes de diverses façons, une manière pour eux d'honorer la mémoire de leur fille, mais aussi de vivre une forme de thérapie.

« En parler, c'est le secret. Si on le garde à l'intérieur, ça devient comme un cancer, note Mme Massia. Personnellement, ça m'aide à passer au travers de savoir que quelqu'un marche grâce à Stéphanie. Il y a un papa de 28 ans qui n'avait plus que deux semaines à vivre. Son pancréas était fini. Stéphanie lui a sauvé la vie et aujourd'hui il peut jouer avec son fils et le voir grandir. »

Leur implication leur a récemment valu le prix Ambassadeurs Transplant Québec 2015, remis annuellement pour souligner l'implication inconditionnelle d'une personne, dans ce cas-ci d'un couple, à la cause du don d'organes.

« Au Québec, seulement 1 % des gens qui décèdent sont des donneurs potentiels. Sur ce 1 %, il y a eu 42 % des familles qui ont refusé l'an dernier », indique M. Tapp. C'est justement pour améliorer ces chiffres que le couple s'implique autant, notamment à travers le projet scolaire Chaîne de vie qui sensibilise les enfants à parler du don d'organes en famille.

« On veut aussi mettre sur pied un groupe de soutien des familles de donneur pour les rassurer sur ce qu'ils ressentent, indique M. Tapp. Le don d'organes, ce n'est pas un décès ordinaire, c'est un décès avec un sens. S'ils s'accrochent à ça, ils vont être capables de passer à travers. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer