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Des héros anonymes honorés à la 22e cérémonie en hommage aux donneurs d'organes

Claudette Guillemette fait partie des 201 personnnes proclamées... (Imacom, René Marquis)

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Claudette Guillemette fait partie des 201 personnnes proclamées Ambassadeur de la Santé, vendredi, lors de la 22e cérémonie en hommage aux donneurs d'organes du Québec.

Imacom, René Marquis

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Alexandre Faille
La Tribune

(Sherbrooke) Comme 200 autres personnes dans sa situation, Claudette Guillemette aurait souhaité ne jamais avoir à gravir les marches pour accepter la médaille. Comme 200 autres, toutefois, cet hommage représente un pas de plus dans l'acceptation du départ d'un être cher.

Cette médaille honore le don d'organes réalisé par son fils David, décédé le 30 décembre dernier, à l'âge de 27 ans. « Ça a été une catastrophe. Par contre, le fait de perpétuer la vie, pour moi, c'est quelque chose d'émouvant. Je suis contente de voir que beaucoup de gens vont profiter des dons qu'il a faits. C'est comme si je savais qu'il y avait des petits David un peu partout », raconte la dame originaire de Sherbrooke.

Lors de la 22e cérémonie en hommage aux donneurs d'organes du Québec qui se tenait vendredi matin à la Cathédrale Saint-Michel, l'Association canadienne des dons d'organes (ACDO) a procédé à la proclamation de 201 titres posthumes d'Ambassadeur de la Santé pour ainsi mettre en lumière ces héros anonymes, qui grâce leur générosité, ont contribué à sauver plus d'une vie.

« C'est David qui a pris cette décision, je n'ai fait que la respecter. Mon fils a pensé à propager la vie et ça, c'est un très beau geste », note Mme Guillemette.

Une douleur toujours vive

De cette cérémonie émouvante émanait un mélange de tristesse et de fierté. Pour plusieurs, l'idée de savoir que la perte d'un proche aura au moins contribué à sauver une vie permet d'accepter la douloureuse réalité avec plus de sérénité.

« On a vécu tout ce temps dans la peine et le désarroi. En voyant tout ce monde, ça fait vraiment plaisir, c'est notre fierté qui prend le dessus, on se dit qu'il a sauvé des vies, témoigne Khadidja Benmbarek, qui a perdu son fils. Je me dis que, quelque part, il vit. Il est là, il m'entoure, je le sens. »

Greffée d'un rein il y a dix ans, Josée Parenteau observait la cérémonie avec le même sentiment de reconnaissance qu'elle éprouve chaque jour. « C'est très émouvant parce que je pense à mon donneur et à sa famille qui a dit oui. J'y pense tous les jours et ma famille aussi, souligne-t-elle pour exprimer à quel point le geste est important. Quand on voit toutes ces familles, c'est touchant, on a envie d'aller les consoler. »

S'il est interdit au Québec à la famille d'un donneur de rencontrer les personnes greffées, il leur est possible de communiquer par le biais de Transplant Québec qui achemine anonymement les lettres. Un pas de plus vers la guérison que compte effectuer Mme Benmbarek prochainement. « La peine, elle est toujours là, mais elle est embellie. Chaque fois que j'aurai du chagrin, je vais regarder cette cérémonie et ça va panser ma plaie. La prochaine étape est d'écrire aux greffés, je me le suis promis. »

Mme Parenteau aussi rédigera bientôt un mot à la famille de son donneur à l'occasion du dixième anniversaire de sa greffe. « Je pense que ça peut les réconforter de savoir que ça va bien et que grâce à eux, je peux réaliser mes rêves. »

Transporter la vie

Des agents de différents corps policiers de la province étaient également de la cérémonie afin d'accompagner les membres désignés pour la réception de la médaille jusqu'à l'avant. Ceux-ci jouent un grand rôle dans la chaîne de vie qui s'active lors d'un don d'organe. Ce sont des policiers qui, bénévolement, se chargent du transport des organes.

« On le voit comme un privilège. Chaque fois, on sait qu'on transporte une ou des vies, que quelqu'un à l'autre bout attend ça depuis des années. Chaque transport est spécial », reconnaît le gendarme Philippe Gravel de la Gendarmerie Royale du Canada.

Les policiers qui acceptent ces responsabilités sont simplement de bons samaritains, ajoute-t-il. « C'est sur appel, on peut recevoir une demande à 23 h et le policier qui est de garde s'en occupe. Ceux qui acceptent de le faire, c'est qu'ils le veulent vraiment. »

« Les policiers sont souvent exposés à des choses plus négatives, alors c'est pour nous, c'est différent et positif », poursuit-il.

Leur simple présence rappelait à quel point ils remplissent, eux aussi, un rôle primordial dans le processus d'un don d'organe.

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