«Les gens jugeront à mes actions»

La nouvelle députée de Compton-Stanstead, la libérale Marie-Claude... (Imacom, Jessica Garneau)

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La nouvelle députée de Compton-Stanstead, la libérale Marie-Claude Bibeau, convient que le défi sera grand et que les responsabilités seront tout aussi imposantes.

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(SHERBROOKE) La nouvelle députée de Compton-Stanstead, la libérale Marie-Claude Bibeau, peinait encore hier à réaliser la confiance que lui ont octroyée ses concitoyens lundi. Elle convient que le défi sera grand et que les responsabilités seront tout aussi imposantes.

Au bout du fil, Mme Bibeau avouait avoir peu dormi. « Je suis restée réveillée une bonne partie de la nuit. C'est une belle nouvelle vie qui commence, un beau défi qui vient avec de grandes responsabilités. Je pensais que la lutte serait plus serrée, mais je suis agréablement surprise de la réponse des citoyens. »

La libérale a coiffé le député sortant Jean Rousseau par 5347 voix. Elle souhaite rencontrer rapidement le futur ministre des Transports pour discuter du dossier de l'aéroport, un dossier aussi cher au maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny... son conjoint.

Marie-Claude Bibeau sait bien que leur relation fait jaser. « Pour lui, il demeurait important de garder une neutralité pendant la campagne. Mais on parle beaucoup de politique à la maison. On veut tous les deux le meilleur pour la région. C'est sûr que de focusser sur le fait que je suis la conjointe du maire, comme si je n'avais aucune compétence, c'est un peu désolant, mais j'ai assez confiance en mes moyens pour passer par-dessus. Les gens jugeront à mes actions. »

Le maire devra-t-il passer le flambeau à un de ses collègues pour éviter les conflits quand viendront des dossiers majeurs? « Honnêtement, nous ne nous sommes pas rendus dans ce niveau de détail. Il est parti très tôt ce matin (hier) et nous n'en avons pas discuté. Si je dois faire affaire avec Serge Paquin, c'est ce que je ferai. »

La députée s'attend bien à ce qu'il y ait des désaccords et des dossiers que l'un ne pourra partager avec l'autre. « Nous aurons la sagesse de faire la part des choses entre le personnel et le professionnel. Nous traverserons le pont rendu à la rivière. »

Déjà, M. Sévigny et Mme Bibeau ont commencé à s'isoler l'un de l'autre quand ils reçoivent des appels sensibles. Et ils savent que le travail les tiendra souvent à distance. « Ça ne fait qu'un an que nous habitons ensemble. C'est un peu comme si on se retrouvait au mode de vie d'avant. Notre couple est assez solide pour passer au travers. »

Par ailleurs, Marie-Claude Bibeau a remis sa démission mardi de son poste de directrice du Musée de la nature et des sciences. Elle demeurera copropriétaire du Camping de Compton. Elle souhaite maintenant mettre sur pied son bureau de circonscription. « J'aimerais que nous soyons dans le nouveau local le 1er novembre. »

Elle ne se formalise pas d'arriver à Ottawa sans expérience politique. « Tous les candidats ou presque sont passés par le processus d'investiture. Nous avons des compétences professionnelles intéressantes et un bagage significatif. C'est certain que d'être du côté du gouvernement, j'aurai un contact plus direct, mais tous les députés ont le devoir de travailler pour les citoyens. »

Marie-Claude Bibeau s'attend donc à travailler en collaboration avec ses collègues élus dans la région. « Ça fait quatre ans que je connais Pierre-Luc Dusseault. Le premier contact est fait et nous nous entendons bien. »

Mme Bibeau visera-t-elle un poste de ministre? « Je suis déjà très fière d'être députée de Compton-Stanstead. Je vais y aller par étapes. »

Sévigny ne voit pas de problème

Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny ne voit pas de problèmes d'éthique ou de conflit d'intérêts à la suite de l'élection de sa conjointe Marie-Claude Bibeau au poste de députée de Compton-Stanstead. « La question, on se l'est posée en amont. S'il y avait eu un problème, on aurait pris des décisions en conséquence », lance-t-il.

« La prudence est toujours de mise quand on est titulaire d'une charge publique. On s'en fait parler beaucoup depuis hier (lundi) soir et de façon légitime, les gens vont continuer d'en parler. Marie-Claude aura son rôle à Ottawa et moi j'aurai le mien ici. Et objectivement, est-ce que c'est une bonne nouvelle d'avoir une députée fédérale qui fait partie du gouvernement? Oui. Est-ce que nous aurons une oreille plus attentive à nos préoccupations? Oui », ajoute M. Sévigny.

Le maire de Sherbrooke rappelle que des règles d'éthique sont établies à l'échelle municipale et qu'il en est de même pour la politique fédérale. « Je ne vois pas de problèmes. Nous avons des enjeux communs, mais très peu. Nous parlons de politique à la maison, mais nous avons chacun nos enjeux et nous ne sommes pas obligés de tout nous dire. Nous sommes capables d'adapter nos pratiques. »

Bernard Sévigny mentionne que lui et sa conjointe n'ont rien inventé, citant le cas de Caroline Saint-Hilaire, mairesse de Longueuil, dont le conjoint Maka Kotto siège à l'Assemblée nationale. « Pour nous c'est différent, les relations entre le municipal et le fédéral n'ont pas la même intensité qu'avec le provincial. »

Enfin, le maire de Sherbrooke souhaite éviter la perception selon laquelle l'élection de sa conjointe permettra de tout régler.

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