Élection fédérale: une surprise comme en 2011

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(SHERBROOKE) Si la victoire du Parti libéral du Canada (PLC) était attendue, l'ampleur de cette dernière devra être étudiée longuement avant d'être comprise selon Isabelle Lacroix.

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Isabelle Lacroix

Archives La Tribune, Jessica Garneau

La politologue de l'Université de Sherbrooke s'explique mal comment le Nouveau parti démocratique (NPD) a pu perdre des plumes à ce point alors que les sondages voyaient Thomas Mulcair aux commandes d'un gouvernement majoritaire en début de campagne.

«C'est une véritable surprise, comme en 2011. Encore une fois, il y a quelque chose d'un peu vire-vent. En 2011, il y avait un changement majeur au Québec, quelque chose qu'on n'avait jamais vu et quelques années plus tard, quatre années, pas 20, on se retrouve avec une tout autre vague qu'on n'avait jamais vu venir en début de campagne. C'est vraiment un effet de campagne qui s'est produit, comme ça s'est produit pour le NPD en 2011.»

«Est-ce que c'est une redéfinition de la politique canadienne? se demande Isabelle Lacroix. Les partis politiques vont probablement faire leur enquête interne, mais d'un point de vue scientifique, comment va-t-on expliquer ça? Ça fait des années que les politologues disent que les campagnes ont un effet assez mince sur le résultat final, et lors des deux dernières élections, c'est exactement le contraire qui s'est passé.»

«C'est difficile de croire que c'est cet enjeu-là qui aurait fait tourner le vent.»


Sans pouvoir l'expliquer, Mme Lacroix ne croit pas que la position du NPD sur le port du niqab soit l'élément majeur qui ait fait basculer la campagne en faveur de Justin Trudeau, qui est aux commandes d'un parti que les Québécois n'endossaient plus depuis plus de dix ans.

«C'est difficile de croire que c'est cet enjeu-là qui aurait fait tourner le vent. En 2011, le NPD n'avait pas d'histoire au Québec où il n'y a pas une tradition néodémocrate. C'était un vote contre les conservateurs. Le vote de ce soir, c'est pareil, mais c'est le même parti (le PLC) qui prend des positions qui peuvent s'apparenter aux traditions libérales que les Québécois ont rejetées depuis plusieurs années.»

Selon elle, le résultat du scrutin s'avère non seulement un désaveu pour le NPD, «qui devra se repositionner», mais également pour le Bloc québécois, même si le parti était en voie de quintupler son nombre de députés au Parlement lundi, avec dix.

«C'est difficile d'expliquer comment des gens sont passés en deux élections du Bloc, au NPD, aux Libéraux. Ça fait plus mal que tout pour la pertinence du parti politique. Clairement, le Bloc n'est plus l'alternative, parce que c'était l'occasion pour eux de reprendre vie avec un chef crédible qui a fait une bonne campagne.»

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