Un pas vers la sortie

La supérieure provinciale de la congrégation des Filles... (Photo Imacom, Jessica Garneau)

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La supérieure provinciale de la congrégation des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus, soeur Françoise Drouin, marche en compagnie du directeur funéraire Stephan Elkas dans l'ancien cimetière duquel 378 corps ont été exhumés en prévision de la vente de la propriété située en face de l'Hôtel-Dieu.

Photo Imacom, Jessica Garneau

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Chronique - Les pierres tombales ont disparu, les dépouilles associées à ces monuments, aussi. Le cimetière jouxté à la maison centrale des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus, rue Bowen Sud, n'est plus.

Les corps de 378 religieuses ont été exhumés et les cendres de 44 autres récupérées. Depuis que toutes ces dépouilles ont été incinérées, elles reposent dans des urnes communes au cimetière Saint-Michel.

La congrégation prépare son départ.

« C'est un deuil que nous vivons en déplaçant notre cimetière, mais nous avons pris la décision ensemble et nous vivons cet événement avec sérénité », commente la supérieure provinciale, Soeur Françoise Drouin.

Le gros de cette tâche délicate a été effectué le printemps dernier. L'opération sera complétée jeudi prochain alors que l'archevêque de Sherbrooke, Mgr Luc Cyr, procédera à la bénédiction du site devenu lieu de dernier repos pour les membres de cette communauté.

« Tel que nous le souhaitions, le déplacement des corps s'est fait discrètement, dans le plus grand respect », se réjouit Sr Drouin.

Il a fallu presque trois semaines au personnel de la maison funéraire Steve Elkas, en mai, pour vider le cimetière.

« L'emplacement étant visible de la rue Bowen et comme c'est un secteur achalandé, nous avions installé des chapiteaux pour éviter les regards des curieux », précise Stephan Elkas.

Les travaux d'excavation ont été confiés à l'opérateur que la communauté a embauché pour creuser les fosses au cours des dernières décennies.

« Cela a facilité la localisation des cercueils dans la partie la plus récente du cimetière. La récupération des corps inhumés depuis presque 100 ans a été plus compliquée. Nous avons travaillé très méticuleusement afin que personne n'ait un jour la surprise de trouver des ossements humains à cet endroit », poursuit M. Elkas.

«Nous avons pris la décision ensemble et nous vivons cet événement avec sérénité.»

soeur Françoise Drouin

La première inhumation avait eu lieu en 1916. Comme cette congrégation religieuse a été fondée en France (son siège social y est d'ailleurs toujours), certaines dépouilles parmi les plus anciennes sont celles de religieuses françaises.

La communauté a dû obtenir l'accord de l'archevêché, puis d'un juge pour vider son cimetière.  

« Il aurait été inopportun de laisser un cimetière enclavé au milieu d'une propriété dont nous songeons à nous départir. Cette réflexion a été engagée il y a plus d'un an. Nous en avons discuté ouvertement avec nos religieuses et toutes nous ont dit : nous avons fait le choix de vivre en communauté, il est donc logique que nos cendres reposent ensemble. De plus, comme nous avons toujours été associées de près aux citoyens de Sherbrooke, nous ferons corps avec eux au cimetière Saint-Michel », explique Sr Drouin.

Certains proches de disparues ont eu la surprise au cours des derniers mois de se retrouver dans un cimetière vide.

« Nous leur avons fourni des explications. Nous n'avions pu garder contact avec les familles de toutes nos religieuses décédées. C'est pourquoi nous communiquons l'information aujourd'hui pour convier les familles à une cérémonie commémorative ».

Il y a quelques années, les Soeurs de la Présentation de Marie avaient également exhumé les corps de toutes les religieuses qui reposaient dans leur cimetière de la rue du Conseil, à Sherbrooke, avant de vendre leur propriété à la Famille Marie-Jeunesse.

Des pourparlers sont déjà engagés pour vendre le parc immobilier de la rue Bowen, incluant la nouvelle infirmerie d'une dizaine de millions construite en 2009.

« Nous voulons vendre, en demeurant toutefois locataires aussi longtemps que nécessaire. Comme nos besoins déclineront au fil des années, les futurs propriétaires auront le loisir d'envisager une occupation mixte durant la période transitoire », précise la mère supérieure.

La direction du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a manifesté dans le passé de l'intérêt pour ces installations compte tenu de la proximité de l'Hôtel-Dieu.

« La donne a changé. Avec le remue-ménage en cours dans le réseau de la santé, ce n'est pas une priorité de la nouvelle administration régionale et nous le comprenons. Nous discutons avec des investisseurs privés qu'il ne serait pas inopportun d'identifier à ce moment-ci. Nos pourparlers ne font que commencer ».

Les Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus ont opéré plusieurs écoles de la région dans le passé, dont le Collège du Sacré-Coeur devenu le Cégep de Sherbrooke.

Ces religieuses ont également été responsables de l'administration de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke et propriétaires de l'Hôpital La Providence de Magog. La moyenne d'âge des 173 membres du Québec est de 83 ans.

« Nous prenons des décisions pour l'avenir. L'hommage que nous rendrons jeudi à nos religieuses disparues témoignera de notre souci de respecter les traditions », conclut Soeur Drouin.

La cérémonie ouverte à tous aura lieu à 14 h jeudi, au cimetière Saint-Michel.

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