La STS soulève un tollé

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La STS a recueilli plus d'une centaine de plaintes après avoir pris la décision de suspendre la desserte de service sur le campus de l'Université de Sherbrooke le jeudi soir après 18 h 30, en raison d'épisodes de chahut à bord de ses autobus.

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(SHERBROOKE) La décision de la Société de transport de Sherbrooke (STS) de retirer ses services réguliers du campus de l'Université de Sherbrooke le jeudi soir après 18 h 30 est loin d'être populaire, même si la STS continuera d'offrir le service de navette pour les fêtards, alors que trois véhicules devraient relier le campus et le centre-ville.

Rapidement vendredi matin, les médias sociaux se sont enflammés. Plusieurs étudiants ont déploré la nouvelle directive. En fin de journée, la STS avait recueilli plus d'une centaine de plaintes.

Rappelons que pour éviter les débordements liés aux activités sociales, les usagers qui n'emprunteront pas les navettes vers le centre-ville à partir du campus devront se rendre sur le boulevard de l'Université ou la rue Galt Ouest pour prendre l'autobus le jeudi soir. Le président de la STS Bruno Vachon estime que cette solution est la meilleure dans les circonstances et que la distance de marche vers l'arrêt le plus proche demeure la même que pour la moyenne des usagers dans le réseau. Il expliquait jeudi que la décision était consensuelle entre la STS, l'Université de Sherbrooke et le syndicat des chauffeurs.

La Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS), par la voix de son porte-parole Nicolas Delisle-Godin, refuse de parler d'un consensus. « Nous nous demandons comment M. Vachon peut affirmer une chose comme celle-là alors qu'il n'était pas présent à la rencontre. Nous, nous l'étions. La STS est arrivée avec un ultimatum. C'était ça ou il n'y aurait plus un seul chauffeur qui accepterait de travailler le jeudi soir. »

M. Delisle-Godin dit avoir tendu la main à la STS vendredi dans l'espoir d'en arriver à un dénouement différent.

Pour le président de la STS, le contenu de la directive a été tordu. Il rappelait vendredi que les navettes qui relient le campus et le centre-ville sont maintenues. « Quand nous l'expliquons aux gens, ils comprennent. Les gens sont aussi sous l'impression que nous mettons cette mesure en place parce que les étudiants chantaient dans l'autobus. La conductrice qui a immobilisé son véhicule sur le bord de la route la semaine dernière n'a sûrement pas fait venir les policiers pour des étudiants qui chantaient. Ce sont les débordements que nous n'acceptons pas. »

Un étudiant en administration a pour sa part incité ses pairs à porter plainte à la STS sur Facebook. « Je voulais d'abord informer les gens. La FEUS et la STS se parlent, mais on dirait qu'il y a une réalité que les deux parties ne comprennent pas. Ça fait trois ans que je suis à l'Université de Sherbrooke et je n'ai jamais vu d'incident. Il n'y a jamais eu d'appel à tous pour trouver des solutions. C'est une décision grave qui entraînera des conséquences encore plus graves. Si les étudiants cessent de payer leur vignette d'autobus, la STS n'aura plus seulement un problème de sécurité, mais aussi un problème financier », dit celui qui désire garder l'anonymat.

« Il y a plusieurs étudiants qui ne sont pas en boisson et qui veulent seulement rentrer chez eux. On peut toujours prendre un taxi, mais ça coûte cher. Qu'est-ce qui arrivera quand 150-200 personnes iront sur la Galt pour prendre l'autobus? Ce sera plus dangereux que de consigner tout le monde à l'Université. C'est comme si on nous envoyait au coin pour réfléchir, juste pour conscientiser les étudiants avant de ramener les autobus. »

Le président de l'Association des étudiants en éducation Alexandre Parent commentait également sur sa page Facebook en qualifiant la directive de « mesure unilatérale qui prive l'utilisateur payeur au détriment de l'utilisateur fautif qui mériterait de se voir retirer son droit s'il contrevient aux règlements. Pénaliser l'ensemble pour éviter un écart de conduite? Franchement, vous me décevez ».

Le conseiller du district de l'Université, Jean-François Rouleau,... (Photo archives La Tribune) - image 2.0

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Le conseiller du district de l'Université, Jean-François Rouleau, a eu droit à une folie furieuse de réactions sur sa boîte vocale et sur Facebook.

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Malaise à l'Université

L'Université de Sherbrooke avoue du bout des lèvres son malaise devant la décision de la STS de retirer ses services réguliers du campus les jeudis soir. Les vice-recteur, Jacques Viens, et vice-rectrice aux relations internationales et à la communauté étudiante, Jocelyne Faucher, préfèrent dire qu'ils sont à la recherche de solutions.

À savoir si la décision annoncée par la STS était consensuelle, Mme Faucher indique que l'Université « a pris acte de la décision et nous convenons tous que ce n'est pas la solution idéale. Elle n'est surtout pas permanente. Nous continuons à travailler pour faire cesser les comportements perturbateurs. La STS souhaitait que la solution soit permanente, mais nous avons obtenu de faire un essai d'un mois ».

« Nous nous concentrons à poursuivre le dialogue », ajoute Jacques Viens.

« La FEUS nous a déjà proposé différentes modalités de solutions. Nous aurons des rencontres la semaine prochaine pour assurer le suivi. »

Le problème des étudiants ivres ne risque-t-il pas de se transporter dans les quartiers résidentiels? « C'est une des raisons qui font que ce n'est pas une solution idéale », mentionne Mme Faucher.

Son collègue Jacques Viens assure que l'Université ne cherche pas à se dégager de ses responsabilités.

Jocelyne Faucher voudrait aussi éviter que des étudiants choisissent de conduire leur voiture après avoir consommé de l'alcool. « Nous faisons appel à la responsabilité de chacun de nos étudiants. Tout le monde est sensibilisé aux risques liés à l'alcool. Nous travaillons en amont, avec la FEUS, pour limiter la consommation d'alcool et prévenir les débordements. Il y a une autoresponsabilisation en cours et on voit tout le sérieux de nos étudiants. »

Pour Mme Faucher, l'entente pour le libre accès au transport en commun est chérie et populaire auprès des étudiants et elle n'est pas compromise.

Le conseiller du district de l'Université Jean-François Rouleau ne pouvait être en accord avec la décision rendue par la STS. « C'était la folie furieuse sur ma boîte vocale et sur Facebook [vendredi] matin. Ce n'est pas une décision prise par consensus comme le dit M. Vachon. Je l'ai appris en lisant La Tribune. C'est une façon de déplacer le problème et c'est contraire au travail accompli dans les huit dernières années par le comité citoyens-étudiants. » Le politicien convient toutefois que les débordements ne peuvent être tolérés.

M. Rouleau souhaite que tous les intervenants s'assoient pour revoir cette décision. « On ne fera qu'envoyer les étudiants dans un quartier résidentiel, où il faudra accroître la présence policière. C'est important la sécurité des chauffeurs d'autobus et il ne faut pas la négliger, mais il faut aussi que tous les usagers aient accès au transport en commun. C'est une minorité qui pénalise tout le monde. Il faut trouver une solution autre que celle-là. »

Le conseiller municipal a d'ailleurs inscrit le sujet à l'ordre du jour de la prochaine réunion du comité citoyens-étudiants. « Cette décision aurait dû être prise avec une participation de la Ville. Mes concitoyens n'ont pas à vivre ces débordements. Je ne suis pas confortable avec ça. »

Jacques Viens mentionne qu'il demeure en contact avec le conseiller Rouleau et qu'il n'attendra pas la prochaine réunion du comité citoyens-étudiants pour chercher des solutions.

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