Le président de l'UPA rassure les producteurs

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Le président général de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, s'est voulu rassurant devant les délégués estriens, vendredi, en soulignant que la gestion de l'offre remplirait toujours son rôle à l'intérieur du Partenariat transpacifique.

Imacom, René Marquis

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) Malgré les inquiétudes de plusieurs de ses membres estriens, l'Union des producteurs agricoles (UPA) a refusé de dépecer le Partenariat transpacifique en congrès général annuel de sa division régionale vendredi.

Devant les délégués de la Fédération de l'UPA-Estrie, le président général de l'UPA, Marcel Groleau, a tenu à rassurer les producteurs agricoles inquiets de l'avenir du système de la gestion de l'offre, écorché par le Partenariat transpacifique.

« Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais la gestion de l'offre va être fonctionnelle, a-t-il insisté. Il faut être réalistes, un pays exportateur comme le Canada ne peut pas se soustraire à ce type d'entente. »

La gestion de l'offre, qui s'est imposée comme un enjeu électoral majeur - particulièrement en régions -, a été interprétée de différentes façons par tous les partis politiques, mais au final, M. Groleau explique que l'argument conservateur voulant que la gestion de l'offre ait été maintenue est véridique.

« La clé de la gestion de l'offre, c'est le contrôle des importations. Dans cette entente, on maintient les tarifs qui permettent ce contrôle. Ce qu'il faut faire, ce qui n'a pas été fait et que les producteurs continuent de réclamer, c'est une meilleure application des règles d'importation qui ont été négociées. Actuellement, il y a des produits qui entrent au Canada et qui ne devraient pas », indique-t-il.

M. Groleau parle ici surtout du lait diafiltré, prisé par les producteurs canadiens de fromages et de yogourts, qui est infiltré illégalement au pays et mine les fondements de la gestion de l'offre, explique-t-il.

L'UPA demande aussi au prochain gouvernement canadien de demeurer ouvert à renégocier les ententes compensatoires pour les producteurs agricoles puisqu'il est toujours impossible d'évaluer la justesse de leur évaluation, plaide-t-elle.

Il a aussi été question lors du congrès de la sécurité de revenus des producteurs. L'un des enjeux majeurs de l'UPA au cours de prochain mois sera de s'assurer de maintenir les budgets alloués à la Financière agricole afin de permettre aux producteurs de réinvestir dans leurs fermes dans une perspective de stabilité des revenus.

« C'est la clé du développement de l'agriculture. On prend beaucoup de risques, on ne peut pas planifier la valeur de nos produits parce qu'on prend les prix que le marché offre contrairement à d'autres secteurs, explique M. Groleau. Les régimes d'assurance collective ont besoin d'être ajustés pour répondre toujours mieux aux risques que prennent les producteurs. »

Viandes Laroche victime d'une compétition déloyale

La récente fermeture annoncée de Viandes Laroche à Asbestos représente une nouvelle tuile sur la tête des producteurs du secteur de l'élevage au Québec et dans la région. Victime de la hausse du prix du boeuf qui avait déjà fragilisé l'entreprise, Viandes Laroche aura aussi subi les contrecoups d'une absence de programmes de soutien pour le secteur, évoque le président général de l'UPA, Marcel Groleau.

« Dans le secteur des producteurs qui sont dans le marché international, on voit que nos gens ici ont de la difficulté à soutenir la compétition des multinationales de l'alimentation et il n'y a pas de stratégies gouvernementales ni québécoises ni canadiennes pour bien soutenir le secteur de la transformation au Québec. Il y a une prise de conscience à faire. Si on veut transformer chez nous, il faut soutenir ce secteur d'une quelconque façon », croit-il.

Le président de l'UPA-Estrie, François Bourassa, s'inquiète lui aussi de cette tendance aux ramifications plus diversifiées qu'elle n'en paraît.

« Viandes Laroche était un fournisseur et maintenant ces compagnies qui s'approvisionnaient là vont peut-être aller cogner à la porte de GSF, qui est une compagnie américaine. Les impacts sont multiples, note-t-il. Mon rêve, c'est de voir chaque consommateur devenir un citoyen responsable. Si tout le monde priorisait l'achat local, on aurait beaucoup moins de difficultés. »

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