«Bonne niche, mauvais timing»

Pierre Paradis ne suppliera pas son patron Philippe... (Imacom, Maxime Picard)

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Pierre Paradis ne suppliera pas son patron Philippe Couillard ou ses collègues du conseil des ministres de revoir la décision d'Investissement Québec ayant amené la compagnie Les Viandes Laroche d'Asbestos à fermer ses portes.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Écartons dès le départ une option : Pierre Paradis ne suppliera pas son patron Philippe Couillard ou ses collègues du conseil des ministres de revoir la décision d'Investissement Québec ayant amené la compagnie Les Viandes Laroche d'Asbestos à fermer ses portes.

« Dans la situation actuelle, le gouvernement québécois a tout fait ce qu'il pouvait faire, et même plus », soutient le titulaire de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation qui est également ministre responsable de l'Estrie.

Rappelons qu'en face de résultats financiers ne rencontrant pas les cibles qui avaient été convenues, l'agence gouvernementale a refusé la semaine dernière de cautionner une augmentation de la marge de crédit des Viandes Laroche, le seul abattoir québécois à grand volume.

« Investissement Québec ayant toujours une créance de 20 M$ qui n'est pas réglée dans le dossier de l'abattoir Colbex, c'est normal que ses dirigeants se montrent assez frileux dans un dossier de même nature », défend le ministre Paradis.

Ce dernier est toutefois loin de mettre une croix sur les activités de transformation qui procuraient une centaine d'emplois dans la MRC des Sources.

« Viandes Laroche est une entreprise qui avait un bon plan dans une niche porteuse, mais elle est tombée dans un mauvais timing. Parce qu'elle était un peu avant son temps, elle était plus vulnérable aux soubresauts du marché et à cause de cela, elle a un boulet financier trop lourd accroché au pied », juge M. Paradis.

Le ministre persiste à croire que le boeuf de spécialité (certifié biologique ou sans hormones de croissance), comme celui vendu par Viandes Laroche sous l'appellation Viande sélectionnée des Cantons, est un marché à exploiter.

« Si une chaîne de restauration comme A & W en fait sa marque distinctive pour vendre des hamburgers, c'est qu'elle y voit aussi une opportunité d'affaires. Quand j'étais gamin et que j'allais à l'épicerie de Bedford, il n'y avait pas de tablettes de produits biologiques. La multiplication des émissions de cuisine pour nous inciter à manger mieux, sainement, influence les habitudes de consommation.

« Nous importons 70 pour cent des produits biologiques consommés au Québec et la croissance de ce segment de marché est de 10 pour cent par année. Il faut s'y intéresser, y compris pour le boeuf », fait valoir le ministre.

Les restaurants Louis de Sherbrooke ainsi que ceux de la chaîne Ashton, dans la région de Québec, servaient notamment à leur clientèle de la Viande sélectionnée des Cantons.

Selon M. Paradis, c'est le modèle d'affaires de Viandes Laroche qui est possiblement à revoir.

« Il faut que l'entreprise ait les moyens de conclure des ententes fermes d'approvisionnement avec des producteurs biologiques. Si elle doit cibler une production complémentaire afin de maximiser ses installations, c'est peut-être vers la transformation des vaches de réforme qu'elle doit se tourner au lieu d'essayer de concurrencer les grandes entreprises qui viennent lui couper l'herbe sous le pied en achetant les autres bovins produits au Québec ».

Viandes Laroche n'aurait jamais atteint la pleine capacité de production de son abattoir moderne de 10 M$ construit il y a cinq ans.

Le ministre de l'Agriculture n'exclut pas un soutien provincial si une autre formule est proposée.

« Nous prendrons tout en considération, y compris la possibilité de modifier les règles de manière à permettre une participation du Fonds de diversification économique local. Au-delà d'une participation financière de notre gouvernement, je suis prêt à m'impliquer pour vendre le potentiel de l'entreprise et de sa niche auprès des bailleurs de fonds ».

Pierre Paradis signale au passage que le gouvernement provincial a aidé 35 petits abattoirs régionaux à financer la mise à niveau de leurs installations.

« La production et la transformation du boeuf suscitent des craintes qui peuvent être apaisées. Avec une bonne lecture des marchés, nous pouvons prendre de bonnes décisions », croit-il.

Ce sont des propos encourageants pour la région, en particulier pour les travailleurs qui viennent de perdre leur emploi. Ça fait tout de même pas mal de fils à attacher avant de reprendre la production.

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