On remet les compteurs à zéro

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Avec son sceau VSC (Viande sélectionnée des Cantons), l'entreprise Les Viandes d'Asbestos a misé sur le segment de marché du boeuf certifié et sans hormones de croissance.

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) À bout de souffle, l'entreprise Les Viandes Laroche cesse ses opérations.

Sa santé financière était déjà précaire le printemps dernier lorsqu'elle a obtenu du gouvernement provincial une garantie sur une marge de crédit de 2 M$. Le pneu de secours s'est toutefois dégonflé avant que Québec n'engage la totalité de cette somme.

« Une première tranche a été avancée alors que la seconde était conditionnelle aux résultats de l'année en cours. Les chiffres qui nous ont été communiqués la semaine dernière n'étaient pas à la hauteur des prévisions convenues dans l'entente contractuelle », a précisé hier la porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil.

Du coup, Québec a suspendu sa caution, les prêteurs ont refusé d'accorder davantage de financement et la compagnie s'est retrouvée à court d'argent.

Avec les dizaines de millions que les producteurs agricoles ont engloutis dans l'aventure de l'abattoir Levinoff-Colbex, à Drummondville, on ne peut blâmer les autorités provinciales d'avoir fixé certaines limites.

Du coup, une centaine de travailleurs d'Asbestos se retrouvent au chômage, un recul plus important que le gain net de 65 emplois découlant des investissements initiés avec le Fonds de diversification économique de la MRC des Sources. Même si la communauté travaille d'arrache-pied pour se relever du choc causé par l'abandon des activités d'extraction de l'amiante, elle se retrouve à devoir remettre les compteurs à zéro.

À moins que les gestionnaires du Fonds de diversification ne se laissent convaincre de renflouer Viandes Laroche, la relance semble passer par une faillite qui effacerait les créances de l'entreprise.

Ce n'est pas sans rappeler le cas de Bleu Lavande. Sachant qu'il risquait de tout perdre, son fondateur Pierre Pellerin avait multiplié les efforts pour tenter de recapitaliser son entreprise avant d'emprunter cette voie. Il n'a pas eu le choix.

Comme on le sait, la relance de Bleu Lavande a été assurée par d'autres. Par des investisseurs qui ont acheté l'entreprise au rabais et qui l'opèrent sans les charges financières du passé.

Il n'est pas dit que Claude Laroche subira le même sort. S'il peut s'en exempter, ce sera tant mieux. L'homme a investi son coeur et son âme dans sa PME. Mais pour ceux qui sont acculés au mur, ce délestage légal est souvent une façon de rebondir.

Qu'on pense à la relance de la chaîne des magasins CPC de Sherbrooke. C'est par ailleurs la liquidation des actifs de la Fromagerie L'Oiseau Bleu qui a attiré dans le parc industriel d'Asbestos les investisseurs colombiens qui opèrent depuis quelques mois les Fromages Latino inc.

L'abattoir des Viandes Laroche est neuf, performant et de tels bâtiments spécialisés répondant aux sévères normes d'hygiène et de salubrité sont rares. Pas étonnant que des intéressés se soient déjà manifestés. Ces derniers attendront probablement eux aussi qu'on remette les dettes à zéro.

Avec son sceau VSC (Viande sélectionnée des Cantons), l'entreprise d'Asbestos a misé sur le segment de marché du boeuf certifié et sans hormones de croissance, faisant le pari qu'il y aurait des consommateurs prêts à payer 15 à 20 pour cent de plus pour cette assurance de qualité.

C'était avant l'explosion du prix du boeuf. Le « régulier » se vend maintenant plus cher que ce qu'il fallait auparavant débourser pour s'offrir du haut de gamme. Avec cette poussée inflationniste, en dollars, l'écart entre les deux s'est accru.

Les transformateurs de la taille de Viandes Laroche en arrachent, les boucheries offrant cette gamme de produits, aussi. Les consommateurs sont attirés par les aubaines qu'offrent les grandes chaînes comme Wal-Mart. Les bas prix éloignent les autres soucis...

Le jour où se réalisera le rêve des Estriens d'aller mettre de l'essence à bas prix chez Costco, pensez-vous qu'ils seront davantage portés à s'acheter du boeuf découpé à Asbestos?

Au plus fort la poche et les graines aux plus petits.

Pénible

Ça devient pénible à encaisser, après Bertrand Gosselin, j'ai perdu hier en Susan Léger une autre bonne amie de la radio. Ce qu'elle en avait de l'énergie et de la répartie, la Susan! J'ai côtoyé plusieurs bons animateurs mais peu de conteurs à la pensée aussi éclatée et avec un propos aussi articulé. Ta luminosité va nous manquer, Su.

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