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Abolir les commissions scolaires est une décision «sexiste», selon la FCSQ

Abolir les commissions scolaires et les élections scolaires est une décision... (Archives La Presse)

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Abolir les commissions scolaires et les élections scolaires est une décision «sexiste». C'est le nouvel argument de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), qui est montée au créneau, jeudi, contre le projet du gouvernement de mettre fin à la démocratie scolaire. Pas moins de 51 pour cent des 800 commissaires scolaires sont des femmes, a fait valoir la FCSQ.

Les commissions scolaires sont donc le seul ordre de gouvernement à avoir atteint la parité des sexes et leur abolition serait un recul dans l'égalité homme-femme, a plaidé la présidente de la FCSQ, Josée Bouchard, au cours d'une conférence de presse à Québec.

«Bien sûr qu'elle est sexiste (cette décision), tout à fait! En plus, nous, depuis cinq ans, on gère plus d'un milliard de dollars de compressions. Ce sont des réseaux de services publics qui sont majoritairement occupés par des femmes. Alors on est visés de tous les côtés», a-t-elle dit.

Cependant, Mme Bouchard ne va pas jusqu'à qualifier le gouvernement Couillard lui-même de sexiste. «Le gouvernement n'y a tout simplement pas pensé (à la mixité), c'est aussi simple que ça. Parce qu'il avait tenu compte de ça, il ne se serait pas engagé», a-t-elle dit.

«Est-ce que la décision avait des visées sexistes? Vous poserez la question aux principaux intéressés, mais les conséquences de ces décisions sont sexistes, et ça c'est réel, c'est sur le terrain qu'on le constate», a renchéri Claire Bolduc, de Solidarité rurale, qui était au côté de Mme Bouchard, avec d'autres femmes de divers mouvements, et notamment la sénatrice d'allégeance libérale Céline Hervieux-Payette.

Les commissions scolaires sont engagées dans un bras de fer avec le gouvernement pour leur survie même. Le gouvernement Couillard veut remplacer les élections scolaires par une autre instance décisionnelle, une structure au sein de laquelle les parents et les enseignants seraient notamment représentés. Un projet de loi sera déposé afin d'abolir les élections scolaires.

Le gouvernement a invoqué le très bas taux de participation à ce scrutin pour justifier sa volonté de remanier les structures actuelles. Aux élections scolaires de novembre 2014, le taux de participation a été inférieur à 5 pour cent. Des organisations anglophones ont déjà fait savoir qu'elles allaient contester les plans du gouvernement, au nom de leur droit constitutionnel d'élire leurs représentants scolaires.

En outre, Québec souhaite aussi fusionner des commissions scolaires, mais le ministre de l'Éducation, François Blais, s'est défendu de vouloir imposer cette solution. Les commissions scolaires gèrent l'enseignement préscolaire, primaire et secondaire, de même que les centres de formation professionnelle et l'éducation aux adultes. Elles ont un pouvoir de taxation foncière, qui leur rapporte environ 2 milliards $ par an.

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