La STS lance un appel à l'aide vers Québec

La STS a réalisé 8 002 000 déplacements... (Imacom, René Marquis)

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La STS a réalisé 8 002 000 déplacements en 2013, ce qui en fait l'achalandage le plus élevé au Canada pour une ville de 250 000 habitants ou moins pour le service du transport urbain.

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Pas de nouveaux trajets, pas de bonification de services, pas d'expansion pour la Société de transport de Sherbrooke (STS) en 2016. À la limite de ce qu'elle peut espérer en matière de financement municipal, l'organisation ne souhaite pas augmenter ses tarifs de façon drastique en janvier non plus. À moins d'obtenir de nouvelles formes de subvention, la STS pourrait frapper un mur et se voir contrainte de gérer la décroissance plutôt que le développement de ses activités.

En table éditoriale à La Tribune cette semaine, la directrice générale de la STS, Huguette Dallaire, et le président de l'organisation, Bruno Vachon, ont lancé un cri du coeur et souhaitent une rencontre avec le ministre des Transports Robert Poëti pour le sensibiliser à leur situation. Selon eux, la pression est trop forte sur le budget pour penser maintenir le statu quo tout en ayant des performances comparables. Depuis au moins deux ans, la STS a cessé de faire du développement.

« Si on va dans la spirale de la décroissance, ce sera difficile à arrêter. Si on diminue les services et qu'on augmente les tarifs, il faudra dix ans pour revenir à ce que nous avons aujourd'hui », prévient Bruno Vachon. Et c'est exactement ce que la STS souhaite éviter.

« Hausser les tarifs au-delà de l'IPC n'est pas une option. Si on ne le fait pas en améliorant les services, le client ne comprendra pas » ajoute Huguette Dallaire.

Si le gouvernement du Québec a continué de financer le transport en commun, ce sont les coûts d'exploitation qui ont augmenté, si bien que la répartition des dépenses à parts égales entre le gouvernement, la Ville et les revenus autonomes ne tient plus. La Ville contribue désormais à 42 % au budget de la STS.

« Nous avons atteint un seuil psychologique au-delà duquel il est impensable d'aller », rapporte Mme Dallaire.

Diminution de 20 %

Depuis l'an 2000, les quotes-parts diminuent donc à tous les niveaux, alors que le pourcentage du budget du transport adapté provenant de subventions a diminué de 20 %. Le pourcentage du budget du transport urbain provenant du fonds d'immatriculation a diminué de 6 % alors que celui provenant des subventions aux immobilisations a chuté de 3,5 %. En parallèle, le nombre de déplacements a crû de 72 % entre 2003 et 2012, alors que la part modale en période de pointe a grimpé de 6,6 à 9,9 %, ce qui signifie que davantage de citoyens préfèrent l'autobus à la voiture.

La STS a réalisé 8 002 000 déplacements en 2013, ce qui en fait l'achalandage le plus élevé au Canada pour une ville de 250 000 habitants ou moins pour le service du transport urbain.

« Il y a une règle en transport : plus on transporte de monde, plus ça coûte cher. Le client qui n'a pas de place dans l'autobus implique qu'on ajoute un véhicule pour lui donner du service, sinon ce n'est pas le seul qui va crier. Il va faire peur à tous les autres. On est chanceux d'être dans un milieu où on a une ville qui nous a accompagnés dans tous ces coûts-là. Les autres villes mettent beaucoup moins.

« On sent une tendance de décroissance en matière de clientèle. 70 % de notre clientèle est étudiante, mais se trouve dans une strate démographique en décroissance. Les aînés ne se déplacent pas à la même fréquence que les étudiants. Dans nos revenus, nous sommes pas mal dans les plus bas au Québec par rapport à nos budgets. Plusieurs pensent que c'est à cause de l'entente avec l'Université. Ce n'est pas du tout le cas. C'est plutôt parce que 70 % de notre clientèle est à tarif réduit parce qu'elle a un tarif étudiant », explique Mme Dallaire

La directrice générale de la STS ajoute que les programmes de subvention ne sont plus adaptés à la réalité. « Les subventions à l'immatriculation, qui proviennent d'une cotisation de 30 $ par automobile, sont un programme qui fonctionne à l'envers et qui n'a pas été indexé depuis 1992. Meilleure je suis, moins il y a d'automobiles sur la route, donc moins on va avoir de subventions... Chaque fois que je contribue à retirer une automobile de la route, je me tire dans le pied», donne-t-elle en exemple.

« Le modèle des subventions à l'exploitation ne répond plus à nos besoins parce qu'il est basé sur le kilométrage parcouru. Il a été fait en fonction de coûts optimisés qui n'ont pas été indexés depuis 2007. Le problème, c'est que plus j'ai de monde, plus je dois ajouter des autobus, ce qui augmente le nombre de kilomètres et la pression sur la Ville pour le financement. Si j'ajoute du temps dans le réseau, pour m'assurer que tout le monde peut monter et descendre sans occasionner des retards, je diminue le nombre de kilomètres, donc je retourne de l'argent au gouvernement. »

M. Vachon et Mme Dallaire conviennent donc que le défi pour 2016 sera de garder la tête hors de l'eau. En matière de budget, ils ont prévu le statu quo. « Et nous nous croisons les doigts », mentionne Mme Dallaire.

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