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Association de la construction: un programme d'intégrité au menu des entreprises

Pour regagner la confiance du public et des donneurs d'ouvrage, mise à mal par... (Archives La Presse)

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Pour regagner la confiance du public et des donneurs d'ouvrage, mise à mal par les révélations de la Commission Charbonneau, l'Association de la construction du Québec vient de lancer un programme d'intégrité auquel elle espère convaincre le plus grand nombre possible d'entreprises d'adhérer.

L'Association de la construction, qui a 5800 entreprises membres, veut proposer une sorte de formation continue en matière d'éthique dans laquelle non seulement la direction, mais aussi les employés seraient engagés. Il y aurait aussi une certification en matière d'intégrité.

«On est tous au courant de ce qui s'est passé à la Commission Charbonneau. C'est dès 2012, quand toute l'histoire a commencé, que les membres nous avaient demandé de faire quelque chose. On s'est dit que ce n'est pas le fait de mettre de la publicité dans les journaux qui allait changer les choses. C'est là qu'on a entamé les procédures de regarder ce qui se faisait dans le monde. Et c'est là qu'est né le programme d'intégrité», a expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne Manon Bertrand, présidente de l'Association de la construction du Québec.

L'ACQ propose un programme d'intégrité élaboré et à adhésion volontaire. L'entreprise qui y adhère doit d'abord voir sa direction adhérer pleinement aux valeurs d'intégrité et d'éthique.

Ensuite, elle doit nommer un agent d'intégrité qui veillera à l'application du programme.

De plus, elle doit poser un diagnostic sur la façon actuelle de fonctionner de l'entreprise: existe-t-il des règles de conduite claires dans l'entreprise? Tous les employés sont-ils au courant des comportements réprouvés?

Ensuite, l'entreprise doit élaborer une charte des valeurs et un code de conduite et prévoir des sanctions en cas de contravention.

De même elle doit définir les risques auxquels elle est exposée: risque de demande de pot-de-vin, de harcèlement, tant au chantier de construction qu'au bureau.

De plus, les employés devront remplir un formulaire de déclaration de conflit d'intérêts.

Le programme prévoit aussi l'élaboration d'un registre dans lequel il est fait état des cadeaux, dons et sollicitations reçus. On y fixe aussi la valeur maximale des cadeaux qui peuvent être acceptés.

Le programme doit ultimement déboucher sur une certification décernée par un organisme. Là-dessus, tout n'est pas ficelé. L'ACQ a voulu éviter que des entrepreneurs certifient des entrepreneurs. Elle a donc proposé que ce soit un organisme sans but lucratif indépendant qui soit chargé de l'audit, de la vérification et de la certification des entreprises.

«On veut que ce soit crédible, sérieux. On ne veut pas que ce soit une association d'entrepreneurs qui accrédite des entrepreneurs. On veut vraiment que la crédibilité soit là. Il faut que ce soit vraiment un organisme complètement indépendant», a justifié Mme Bertrand.

Elle souhaiterait d'ailleurs que les donneurs d'ouvrage s'engagent dans la gestion de cet organisme indépendant qui chapeauterait le processus.

«On voudrait peut-être un processus comme (les normes) ISO, avec un audit à tous les ans, une certification aux trois ans. Ça peut être quelque chose comme ça. Ce n'est pas «vous le mettez en place une fois, puis on n'en reparle plus'. Ça va être vraiment un processus continu qu'il va y avoir», insiste Mme Bertrand.

Le tout serait notamment financé par les contributions des entreprises qui désirent obtenir leur audit, puis leur certification, par exemple. Mais l'ACQ n'a pas arrêté tous les détails au chapitre du financement de l'OSBL - la portion du projet qu'il reste à peaufiner.

Pour les entreprises qui adhéreront au programme d'intégrité, la certification obtenue deviendra un atout, un argument de vente face aux donneurs d'ouvrage, de même qu'une façon de se démarquer face aux compétiteurs, souligne Mme Bertrand.

«On a vu dans les appels d'offres - surtout par qualification, lorsqu'il y a une pré-qualification avant le prix - à plusieurs reprises la question est posée. Ils ne vous demanderont pas nécessairement de le montrer, mais ils vont vous demander la question «avez-vous un code d'éthique à l'intérieur de votre entreprise?'. C'est ce genre de question-là qui est de plus en plus demandée», rapporte Mme Bertrand.

C'est déjà le cas de certains donneurs d'ouvrage, comme Ivanhoé Cambridge ou Desjardins, qui s'informent à cet effet, précise Mme Bertrand.

Comme 80 pour cent des entreprises de construction ont cinq employés et moins, elles n'ont pas le personnel requis pour remplir toutes ces étapes. L'ACQ offre donc un service d'accompagnement pour celles qui le désirent.

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