L'engrenage des réaffectations

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Denis Simard et Josée Paquette sont parmi les dirigeants du CIUSSS de l'Estrie-CHUS au coeur des discussions avec les syndicats pour entreprendre cet automne la réorganisation des équipes de soutien. La phase subséquente visera le personnel clinique.

Imacom, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) La lettre patronale est datée du 24 juillet. Tel que prévu aux conventions collectives, elle annonce aux syndicats deux mois à l'avance une réorganisation majeure au sein de la nouvelle organisation embauchant les 17 000 personnes du réseau de la santé et des services sociaux de l'Estrie.

Après la purge ayant emporté près de la moitié des postes de gestionnaires au début de l'été, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS s'engage dans la seconde phase de son processus de regroupement : 2000 salariés actuellement dispersés dans une centaine d'établissements doivent être rattachés aux six branches de sa nouvelle structure administrative.

Les syndiqués plongés dans la piscine de la fusion occupent des postes variés au soutien administratif, matériel ou informationnel. Ils sont aussi employés des cuisines, d'entretien ménager ou de maintenance. La réorganisation du personnel clinique se fera plus tard.

La date butoir du 24 septembre communiquée aux syndicats n'est que statutaire, indique la direction.

«Le 24, les décisions d'orientation pour chacune des directions n'auront pas été prises, l'élaboration des plans d'effectifs ne sera pas terminée, c'est sûr. Il n'y aura donc pas de changements dès le lendemain.

«Pour une direction, ça pourrait commencer à bouger en octobre. Dans une autre, seulement à partir de janvier. Les transformations seront introduites graduellement. Le plus tôt possible, mais le plus correctement possible», commente la directrice adjointe au soutien à la transformation des personnes et de l'organisation, Josée Paquette.

L'attribution des postes par ancienneté commencera une fois que le nombre requis pour chaque service aura été établi.

Après avoir vu que leur nom figure sur la liste des employés concernés par ce redéploiement, plusieurs d'entre eux craignent le pire.

«Nous savons que le processus est source de préoccupation pour nos employés. Il faut savoir qu'une majorité des postes, je dirais 1200 sur les 2000 visés, sont liés à des services alimentaires, de l'entretien sanitaire, de la maintenance, etc. On peut penser que ces services fortement décentralisés vont demeurer. Pour ces gens-là, l'impact sera minimal. Pour les autres, je ne mettrai pas de lunettes roses en affirmant qu'il n'y aura pas de supplantations. Notre volonté est cependant d'en limiter le nombre», assure Mme Paquette.

«La production d'une liste de noms n'était qu'une forme de validation afin de prévenir les coquilles, comme d'avoir associé par exemple une personne au mauvais service. Nous voulions accorder du temps aux syndicats pour passer tous ces éléments en revue. Aucun préavis personnel n'a encore été signifié et cela ne se fera pas d'ici le 24 septembre non plus», enchaîne Denis Simard, le coordonnateur du partenariat patronal-syndical.

Les salariés des installations périphériques voient poindre la centralisation des services à Sherbrooke. En particulier, ceux de Lac-Mégantic ou de Granby.

«Nous entendons respecter toutes les règles de la convention, incluant celle offrant des options à la personne refusant une réaffectation en dehors du périmètre de 50 kilomètres. Alors, cette personne pourra supplanter quelqu'un d'autre de la même catégorie d'emploi dans son établissement», répond à ce sujet M. Simard.

À travers cela, il y a quelques centaines de cas particuliers à régler dont ceux de salariés qui avaient deux employeurs distincts avant la fusion et qui n'ont aujourd'hui qu'un seul patron.

«Ça ne changeait rien auparavant qu'une personne travaille 20 heures au CHUS et autant dans un hôpital périphérique. Maintenant qu'elle n'a qu'un seul employeur, les règles applicables ne sont plus les mêmes, car il faut calculer du temps supplémentaire. On n'empêchera pas le double emploi, mais ça fait partie des règles à revoir», explique Denis Simard.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS se lance dans cet exercice complexe alors que les négociations sont tendues entre le gouvernement Couillard et les syndicats nationaux pour le renouvellement des conventions collectives. Rien pour aider.

«On va composer avec ça», se conditionne Josée Paquette.

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