• La Tribune > 
  • Actualités 
  • > Les chauffeurs de Taxis Sherbrooke craignent l'arrivée de l'entreprise de covoiturage Uber 

Les chauffeurs de Taxis Sherbrooke craignent l'arrivée de l'entreprise de covoiturage Uber

« C'est un service illégal qui est craint.... (René Marquis)

Agrandir

« C'est un service illégal qui est craint. Le gouvernement doit réagir avant qu'il s'implante partout », estime  Jacques Pépin, un chauffeur de Taxis Sherbrooke,

René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Les chauffeurs de Taxis Sherbrooke craignent l'arrivée de l'entreprise de covoiturage Uber, qu'ils qualifient de concurrence déloyale.

Ils étaient une trentaine de chauffeurs de taxi à s'être déplacés hier devant le bureau du député de Sherbrooke, Luc Fortin, afin de demander au premier ministre du Québec Philippe Couillard de clarifier la réglementation sur le taxi. Cette mobilisation se déroulait conjointement dans plusieurs villes du Québec, alors que les propriétaires de taxis répondaient à l'appel lancé par le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi.

« Nous sommes contre la déclaration du premier ministre Couillard où il a dit qu'il était prêt à encadrer le transport Uber, alors que le ministre des Transports répète depuis plusieurs mois que les systèmes de transport comme Uber sont illégaux. Ce qu'on veut savoir, c'est si la loi sur le transport par taxi existe encore et si elle existe, est-ce qu'elle s'applique seulement à nous? Est-ce qu'il y a deux types de personnes? Actuellement, les gens d'Uber font du transport sans permis de taxi, sans permis de chauffeur, ne récoltent pas de TPS ni de TVQ et ne paient pas d'impôt », rappelle le président-directeur général de Taxis Sherbrooke, Marc Kirouac.

Uber offre pour l'instant des services à Montréal et Québec.

« On veut savoir sur quel pied danse le gouvernement. Il doit clarifier les règles. Nous n'avons rien contre l'économie de partage, le covoiturage, mais le problème demeure que certains font le même travail que nous, sans permis et selon leurs règles et non selon les règles existantes. Ce n'est plus tout à fait la même définition d'économie de partage. Ça devient de la concurrence déloyale », estime M. Kirouac.

Un permis de taxi coûte entre 200 000 $ et 250 000 $ à Sherbrooke et varie en fonction de la valeur marchande. Un chauffeur de taxi doit détenir un permis de chauffeur de taxi, ses antécédents judiciaires doivent être contrôlés et il doit se soumettre à des inspections deux fois par année.

« C'est certain que l'on craint pour notre gagne-pain. Nous payons cher chaque année pour avoir le droit de faire du taxi. Le type de transport illégal comme Uber va venir chercher ce que nous gagnons à travailler 12 à 14 heures par jour », explique Jacques Aubé, qui fait du taxi à Sherbrooke depuis 37 ans.

« C'est un service illégal qui est craint. Le gouvernement doit réagir avant qu'il s'implante partout. Plus il va attendre avant de statuer, pire ça va être. Nous sommes des travailleurs autonomes qui ne coûtons rien au gouvernement. Il faut que notre industrie soit protégée », estime un autre chauffeur de Taxis Sherbrooke, Jacques Pépin.

Le député libéral de Sherbrooke Luc Fortin a reçu la lettre remise par Taxis Sherbrooke et la transmettra au premier ministre Couillard.

« Aucune décision n'est prise à ce stade-ci. Je comprends les inquiétudes des chauffeurs de taxi, mais nous allons analyser toutes les possibilités. Si un jour nous permettons un service comme Uber, nous allons le faire de manière juste et équitable pour tous les joueurs de l'industrie. C'est ce que je vais faire valoir auprès du premier ministre et du caucus libéral. Pour l'instant, ce qui est illégal demeure illégal », assure Luc Fortin.

Uber réagit

Uber Canada n'a pas mis de temps à réagir, déclarant vouloir travailler en collaboration avec le gouvernement pour élaborer des règlements qui soutiennent le covoiturage urbain, et se réjouissant de l'ouverture du premier ministre.

Pour ne pas que les partenaires-chauffeurs de Uber soient trop incommodés par les manifestations, l'entreprise a par ailleurs décidé de renoncer pour la journée d'hier à ses frais de service afin que les partenaires conservent 100 % des revenus générés. L'entreprise semble aussi avoir décidé de profiter de cette vague d'attention pour se faire un peu de publicité : des courses gratuites étaient offertes aux nouveaux utilisateurs hier.

Avec Camille Dauphinais-Pelletier

Partager

À lire aussi

  • 91% des taxis sont hybrides

    Sherbrooke

    91% des taxis sont hybrides

    La flotte de Taxis Sherbrooke a pris le virage vert de façon marquée. Près d'une décennie après l'apparition du premier véhicule taxi hybride à... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer