HYPERDIPLÔMÉS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Une question de présentation

Les hyperdiplômés tirent-ils mieux leur épingle du jeu dans le milieu du... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Les hyperdiplômés tirent-ils mieux leur épingle du jeu dans le milieu du travail ou traînent-ils plutôt leurs multiples formations comme des boulets?

« Si la personne cumule des diplômes de premier, deuxième et troisième cycles dans un même domaine, ça peut faire peur aux employeurs, qui vont la voir comme surqualifiée. Par contre, ces personnes-là se retrouvent souvent dans des postes de chercheurs, de professeurs. Leur trajectoire est tracée d'avance », souligne d'entrée de jeu Michel Bouchard, conseiller en orientation au Carrefour jeunesse-emploi de Sherbrooke.

Dans le cas où une personne cumule plutôt plusieurs diplômes en deçà du 2e cycle universitaire, M. Bouchard juge que des béné-fices peuvent en être retirés. « Si la personne peut démontrer le savoir-faire développé durant ses études, ça peut rassurer les employeurs », croit-il.

Détenir des diplômes dans différents domaines peut aussi devenir un atout pour se trouver plus rapidement un nouvel emploi. « Avoir plus d'une formation permet de jouer sur deux ou trois volets. Par exemple, si j'ai mon DEC en soins infirmiers, mais que j'avais déjà un DEP en secrétariat, je peux me permettre de faire un pont vers un autre secteur d'activité pour raccourcir mes périodes sans emploi », souligne Richard Fauteux, conseiller en emploi au Centre d'orientation et de recherche d'emploi.

« C'est plus facile d'adapter notre profil au poste qui nous intéresse », ajoute Michel Bouchard.

Richard Fauteux fait toutefois remarquer que de cumuler les diplômes pose souvent problème aux chercheurs d'emploi. « Le marché du travail n'exige pas autant de diplômes, explique-t-il. S'il n'y a pas de cohérence ou de lien conducteur entre les formations, ce n'est pas évident. Les employeurs pourraient se demander si la personne connaît bien ses forces, si elle les quittera rapidement pour retourner aux études. Il faut plutôt avoir le bon diplôme selon ses intérêts et ses besoins. »

Quant aux formations dans des disciplines complémentaires, le conseiller en emploi estime qu'elles n'apportent aucun avantage particulier. « Ça peut devenir un atout dans certaines situations, par exemple une combinaison comme la communication et le marketing. C'est un investissement lorsqu'on fait les bons choix et qu'on est encore jeune », reconnaît-il.

Dire ou ne pas dire?

Qu'on possède un seul diplôme ou plusieurs, l'important est de savoir mettre en valeur ses compétences et son savoir-faire... en lien avec l'emploi convoité. Tout est une question de présentation.

Pour cette raison, nul besoin de condenser la police ou de sacrifier les espaces pour décrire nos expériences d'emploi et nos formations dans le moindre détail sur notre CV. « Il n'est pas nécessaire d'y indiquer toutes nos formations. Une fausse information devient un mensonge, mais omettre une information ne l'est pas. Un CV devrait tenir sur deux pages, il faut aller à l'essentiel », souligne Michel Bouchard. Lorsqu'il apporte son aide à des hyperdiplômés, son premier réflexe est de trouver des liens entre les formations et déterminer ce qu'elles donneront concrètement sur le terrain.

« Il faut composer avec les compétences transférables, voir ce qu'il y a dans le bagage de l'étudiant. Parfois, il faut faire des pas en arrière, revenir à la base. Le baccalauréat est souvent le diplôme le plus porteur sur le marché du travail, car il répond à plusieurs besoins », indique pour sa part Richard Fauteux.

« Je suis évidemment pour les formations, mais il ne faut pas non plus avoir peur d'aller sur le marché travail ou penser ne jamais devenir apte à y aller. On s'y forme là aussi », rappelle Michel Bouchard.

Entre salaire et passion

Si l'idéal est de choisir un domaine d'études selon nos valeurs et nos intérêts, la question salariale demeure une importante préoccupation pour plusieurs chercheurs d'emploi.Facile de se décourager d'aller à l'université quand un DEP permet de gagner plus d'argent qu'un bac... mais cette situation demeure plus souvent l'exception que la règle. « Tout dépend des secteurs d'activité, rappelle Richard Fauteux, conseiller en emploi au Centre d'orientation et de recherche d'emploi. Par exemple, les domaines de la finance et des technologies de l'information proposent des salaires plus élevés qu'en relation d'aide. J'accompagne parfois des personnes qui ont seulement un diplôme d'études secondaires et possèdent des compétences qui leur ont permis de gravir les échelons et de toucher des salaires plus élevés que ceux des bacheliers. »

Pour Michel Bouchard, conseiller en orientation au Carre-

four jeunesse-emploi, il importe plutôt de choisir un domaine qui nous intéresse et qui a un bon taux de placement puisque le salaire suit surtout la loi de l'offre et de la demande. « Dans certains domaines, c'est totalement saturé au niveau du bac. Les gens n'ont pas le choix de faire une maîtrise pour essayer de se placer, mais n'obtiennent pas un gros salaire », fait-il remarquer.

Quant aux statistiques sur un horizon de cinq ans, elles indiquent une plus forte demande pour les diplômes d'études collé-

giales techniques, mais un plus haut taux de croissance de la demande pour les diplômes universitaires, dit M. Bouchard.

Revenu d'emploi moyen en Estrie en 2010 selon le niveau d'études

(Selon l'enquête auprès des ménages de Statistique Canada en 2011)

 

Diplôme universitaire

62 916 $

Diplôme d'études collégiales

43 678 $

Diplôme d'études professionnelles

39 812 $

Diplôme d'études secondaires

33 410 $

Élémentaire

28 815 $

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