Une question de « principe et de valeurs »

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Le président de l'Association des policiers et des policières de Sherbrooke, Robin Côté.

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(SHERBROOKE) C'est pour une question de «principe et de valeurs» que Johanne Mercier a mené jusqu'au bout la plainte de harcèlement psychologique au travail qu'elle avait déposée contre la Ville de Sherbrooke après les agissements de l'Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS).

Trois ans après avoir pris sa retraite après 30 années passées à la Ville de Sherbrooke, l'ancienne employée-cadre vient d'obtenir gain de cause devant la Commission des relations de travail (CRT).

«Je connaissais la jurisprudence, alors je n'ai pas pris la décision de porter plainte pour une question d'argent. Je voulais mener la plainte jusqu'au bout. Le harcèlement psychologique est inacceptable dans un milieu de travail peu importe le milieu, le motif ou la personne. On m'a attaquée comme personne en faisant référence à ma retraite. Je respecte le rôle d'un syndicat ayant moi-même occupé les fonctions de présidente de l'Association des cadres. Dans le cas présent, on s'attaquait à ma personne. C'était une question de respect et dignité», soutient Johanne Mercier qui a contribué à rédiger la première politique sur le harcèlement sexuel à la Ville de Sherbrooke du temps où elle occupait des fonctions à la direction des ressources humaines.

Le président de l'APPS, Robin Côté, se dit surpris de la décision de la CRT.

«Nous maintenons le fait que ce n'est pas la personne qui était visée, mais sa fonction. Nous n'étions pas la partie intimée dans cette affaire. C'est la Ville qui a failli à sa tâche de faire cesser ce qui est considéré comme du harcèlement. Nous allons analyser quels sont nos recours. Pour nous, c'était un moyen de pression dans un contexte de relations de travail», réitère Robin Côté.

Johanne Mercier estime que rien ne peut justifier que l'on s'en prenne personnellement à un employé.

Insensibilité

«Peu importe ce qu'ils visaient, les membres de l'exécutif syndical ont attaqué la personne. Il n'y a aucun contexte qui peut justifier cela. Je me demande comment les gens qui commettent le harcèlement psychologique peuvent être aussi insensibles à ce que vit la personne. Avant de poser de tels gestes, il faut réfléchir aux conséquences de ceux qui vivent la situation», soutient Johanne Mercier.

Elle trouve dommage que la facture de sa plainte soit refilée aux contribuables sherbrookois étant donné que la Ville de Sherbrooke, en tant qu'employeur, a le devoir de faire respecter la loi sur le harcèlement psychologique au travail.

Le président du comité exécutif à la Ville de Sherbrooke, Serge Paquin, soutient cependant que le montant inscrit dans la décision de la CRT sera réclamé à l'APPS par le dépôt d'un grief patronal.

«C'est certain que nous allons réclamer ce montant à la partie syndicale. Nous avons la ferme volonté d'aller récupérer cette somme à l'Association des policiers de Sherbrooke. L'auteur de la faute demeure le syndicat des policiers», soutient Serge Paquin.

Ce dernier rappelle que le seul reproche qui incombe à la Ville demeure de ne pas avoir enclenché plus rapidement le processus disciplinaire en sanctionnant plus rapidement le comité exécutif de l'APPS.

«Nous avons une politique qui consiste à mettre en place un comité d'enquête. C'est que nous avons fait. Nous allons cependant analyser à la suite de ce jugement si dans un cas semblable, des sanctions ne peuvent pas être prises plus rapidement pour qu'une telle situation cesse. C'est une triste affaire», estime Serge Paquin. René-Charles Quirion

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