Alain Lemaire planche sur un musée d'antiquités

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Chacune des pièces du président de Cascades, Alain Lemaire, possède sa petite histoire.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(KINGSEY FALLS) Rares sont les gens qui peuvent se vanter de posséder autant d'antiquités qu'Alain Lemaire, le cadet des frères fondateurs de Cascades, qui en a fait une véritable passion depuis une douzaine d'années. L'inventaire qu'il est à répertorier devrait le conduire à environ 60 000 pièces issues du passé, toutes différentes. L'homme d'affaires rêve même d'un musée, en collaboration avec le parc Marie-Victorin.

C'est à la suite d'un concours de circonstances que l'homme d'affaires a plongé dans le monde des objets anciens. Au moment de construire son garage, il a eu l'idée d'intégrer à la décoration une série d'antiquités. Il s'est donc mis à la recherche d'articles tels des poêles, des luminaires et des meubles, visitant nombre d'antiquaires. Il n'en fallait pas plus pour attraper la piqûre.

« À peu près au même moment, je suis devenu président de Cascades et ma tâche faisait en sorte que je devais me rendre moins souvent dans les usines. Comme je suis quelqu'un qui aime les gens, j'avais besoin d'un passe-temps qui me permettrait de faire des rencontres, de combler le côté social. Ça me permet de me changer les idées », affirme-t-il.

Le président du géant mondial des pâtes et papiers s'est fait plusieurs amis en cours de route et sa réputation s'est répandue comme une traînée de poudre dans le monde de l'antiquité du nord-est de l'Amérique. Puisqu'il ne peut être partout à la fois, il mandate quelques spécialistes pour faire des acquisitions en son nom et nombreux sont les antiquaires qui le contactent afin de lui présenter leurs trouvailles.

Des aspirateurs aux dispositifs servant à hacher le tabac, en passant par les moulins à viande, les grille-pain et les fers à repasser, Alain Lemaire s'est fait un devoir de préserver le patrimoine. Chacune des pièces collectionnées possède sa petite histoire. Le gestionnaire raconte notamment l'acquisition du bout de clôture ancienne qui orne son garage.

« Un antiquaire s'était fait voler les têtes de sa clôture, sauf pour quelques-unes. Je lui ai offert de les faire refaire en échange de la porte et de trois mètres de sa clôture, et il a accepté », relate-t-il.

La vaste majorité des pièces collectionnées ont un point en commun : ils sont faits en totalité ou en partie de fonte. Un matériau qui a beaucoup de signification pour le recycleur de nature.

« On a travaillé dans le métal à notre jeune âge et j'ai toujours été intéressé par les grilles de ventilation des vieilles maisons, ça m'a toujours interpellé. Il faut aussi dire que la fonte a marqué l'époque d'avant la guerre et les avancées technologiques qui y sont reliées », ajoute-t-il.

En montre au parc Marie-Victorin

M. Lemaire a choisi de montrer ses petits trésors pour la première fois à l'occasion d'une exposition temporaire érigée dans le cadre du 50e anniversaire de Cascades, l'an dernier. L'engouement a été tel que la direction du parc Marie-Victorin lui a demandé d'en tenir une permanente dans un bâtiment construit spécialement pour l'occasion. Le « magasin général », appelé ainsi en mémoire du commerce de l'époque, a été érigé grâce à la participation de généreux donateurs. Il a contribué à ce que le parc maintienne un achalandage à peu près similaire à l'affluence record de 2014.

Le principal intéressé évalue environ à 2 % la portion de sa collection qui est en montre au parc. Perfectionniste, il est encore à peaufiner la présentation afin de s'assurer d'en mettre plein la vue. Selon certains collègues, il passerait presque plus de temps à cet endroit que dans son bureau. Les visiteurs les plus chanceux le croiseront sur place et seront en mesure de lui poser quelques questions sur la provenance et l'utilité des articles les plus incongrus.

Un musée?

Alain Lemaire et le parc Marie-Victorin n'ont pas l'intention de s'arrêter là. Vu la forte demande pour certains objets d'époque, on entrevoit la possibilité d'en acheter quelques-uns de plus afin de les vendre au magasin. Il est également question de construire un musée sur des terres appartenant à M. Lemaire, à quelques pas du parc. Cette démarche est toutefois plus compliquée que prévu.

« Nous avons déjà démoli deux granges et nous attendons l'approbation de la CPTAQ, explique le président de Cascades. Les pierres sont achetées, on a des planches et des poutres. On veut que le musée inclue pas mal toute ma collection. »

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