Le cannabis couvert par les assurances?

Les Canadiens qui se sont fait prescrire du cannabis médicinal pourront un jour... (Archives La Presse)

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Alexandra Posadzki
La Presse Canadienne
TORONTO

Les Canadiens qui se sont fait prescrire du cannabis médicinal pourront un jour réclamer des montants à leurs assurances, ont prédit des experts, à la lumière de nouveaux règlements de Santé Canada permettant la vente de produits dérivés du cannabis.

Le ministère fédéral a adopté de nouvelles règles sur l'usage de cannabis à des fins médicinales plus tôt ce mois-ci, après que la Cour suprême du Canada eût statué que les patients étaient autorisés à la consommer sous plusieurs formes, comme dans des huiles ou dans des produits comestibles.

Khurram Malik, analyste à la firme d'investissements Jacob Securities, croit que, peu à peu, les assurances vont s'implanter dans le secteur. Selon lui, si huiles sont permises, les pharmaceutiques pourront fabriquer des gélules semblables à celles de l'huile de foie de morue, par exemple.

Les experts estiment que les changements apportés par le ministère auront de l'influence sur la perception de la légitimité du produit par les médecins et les assureurs.

Un point positif en lien avec la possible vente de gélules, selon M. Malik, est que cela permettra un meilleur dosage de la substance. Lorsque les gens fument le cannabis, il est impossible de savoir le dosage qui est effectivement inhalé par le patient, ce qui inquiète les médecins, remarque-t-il.

Pour le directeur général de Tweed Marijuana, un producteur de cannabis originaire de Smiths Falls, en Ontario, Bruce Linton, si un produit ne semble pas différent des autres médicaments, il devient alors beaucoup plus facile pour les gens «de comprendre et d'accepter qu'il s'agit d'une option possible de traitement pour les patients».

À l'heure actuelle, la plupart des compagnies d'assurances ne remboursent pas les montants liés au cannabis médicinal. Mais certaines d'entre elles, dont Manuvie, disent qu'ils considéreraient certaines exceptions si l'employeur en fait la requête spécifique pour l'un de ses employés.

Plus tôt cette année, la Sun Life a finalement accepté de payer les traitements d'un étudiant de l'Université de Waterloo dans le régime d'assurance pour les étudiants après que son association étudiante eut plaidé sa cause. Jonathan Zaid, âgé de 22 ans, consomme du cannabis pour atténuer les effets d'un syndrome appelé «céphalée persistante nouvellement quotidienne».

D'autres assurances couvrent probablement les frais de certains patients en pigeant dans un compte de dépenses pour soins de santé, mais cela n'arrive pas souvent.

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