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de nouvelles activités pour les pharmaciens: «C'est clairement trop rapide»

Raymond Batroussy... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Raymond Batroussy

Imacom, Jocelyn Riendeau

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) L'ajout de nouvelles activités professionnelles pour les pharmaciens est sans contredit une bonne nouvelle pour les clients. Mais pour ces professionnels de la santé, ces nouvelles responsabilités sont accueillies avec un gros bémol.

Vendredi, le gouvernement et l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) ont conclu une entente de principe menant à l'entrée en vigueur de la loi 41... dès le lendemain matin.

Depuis samedi, les pharmaciens peuvent donc exercer de nouvelles activités professionnelles, qui étaient jusqu'à présent réservées aux médecins [voir tableau].

« C'est clairement trop rapide », estime un pharmacien sherbrookois préférant garder l'anonymat.

« J'ai appris la nouvelle vendredi soir, et je rentrais travailler samedi matin à 9 h en ayant aucune idée de comment appliquer ces nouvelles fonctions », poursuit-il.

La facturation, la transmission d'informations à la RAMQ, etc. : toute de nouvelles tâches que devront faire ces professionnels de la santé, mais qui, pour le moment, s'accompagnent d'une large zone grise.

« Il y a des procédures techniques, des formulaires, un système informatique... Il faut être à l'aise avec tout ça, mais il nous faut un minimum de temps. Nous devons apprendre à intégrer ces nouveaux gestes dans notre pratique quotidienne et là, ce n'est pas le cas. Nous sommes dans une large zone grise et le mécanisme pour que tout aille bien n'est pas au point », ajoute un second pharmacien désirant rester anonyme.

Selon ce professionnel, il pourrait également y avoir de la frustration de la part de clients qui croient à tort que les pharmaciens peuvent dorénavant prescrire n'importe quoi.

« Ces nouveaux actes sont des gestes balisés, assez restreints. Je crois que beaucoup de gens vont vivre des frustrations puisqu'ils pensent que nous avons maintenant un pouvoir très élargi alors qu'il est toujours assez restreint », explique-t-il.

Plus de travail, moins de rémunération

Raymond Batroussy, pharmacien pour la bannière Pharmaprix depuis 2011, convient que la loi 41 va permettre de diminuer l'achalandage dans les cliniques médiales. « Mais ça va augmenter le temps d'attente dans les pharmacies », précise-t-il.

Heureux pour le client, il affirme toutefois que ses tâches ainsi que celles de ses confrères et consoeurs seront compliquées. « Le problème, c'est qu'avec les coupures que le gouvernement nous impose [NDLR : Québec va amputer les honoraires de la RAMQ aux pharmaciens de 177 millions de dollars. Ces coupes réduiront en moyenne de 100 000 $ le revenu annuel d'une pharmacie], nous allons avoir plus de travail, pour moins de rémunérations. C'est un peu blessant. J'aimerais que le gouvernement démontre qu'il a du respect pour notre profession », admet-il.

Quatre des nouveaux actes seront remboursés par la RAMQ ou l'assureur privé du client. Les trois autres actes ne seront pas rémunérés pour les pharmaciens.

« La facturation de ces quatre actes ne sera pas suffisante pour couvrir la perte de 100 000 $ par pharmacie. Oui, ce sont des actes utiles, mais nous n'en ferons pas assez pour compenser ce montant », croit-il.

M. Batroussy espère donc que le gouvernement continuera de négocier avec l'AQQP à propos de la loi 41.

« Il reste des questions. Je crois que l'impasse dans laquelle nous nous trouvions depuis plusieurs années n'a été que partiellement résolue », avoue M. Batroussy.

Aucun détail n'a filtré jusqu'ici sur les économies que Québec parviendra à faire grâce à l'entente de principe conclue vendredi. Elle doit encore être approuvée au cours des prochains jours par les 2000 membres de l'AQPP.

Les pharmaciens peuvent:

Prescrire un médicament pour des conditions dont le diagnostic et le traitement sont connus;

Prescrire un médicament lorsque aucun diagnostic n'est requis;

Prolonger des ordonnances rédigées par un médecin;

Ajuster la dose d'une ordonnance;

Substituer un médicament prescrit en cas de rupture d'approvisionnement;

Donner un médicament par voie orale, topique, sous-cutanée, intradermique, intramusculaire ou par inhalation, à des fins d'enseignement;

Prescrire et interprété des analyses de laboratoires aux fins de suivi.

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