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Jacques Parizeau était un adversaire coriace et crédible, selon Charest

Jacques Parizeau... (Archives La Presse)

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Jacques Parizeau

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

L'ancien premier ministre Jean Charest, qui a affronté Jacques Parizeau lors de la campagne référendaire de 1995, en garde le souvenir d'un adversaire coriace et solide.

Jean Charest... (Archives La Presse) - image 1.0

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Jean Charest

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Au cours d'une entrevue avec La Presse Canadienne, mardi, quelques heures après le décès de l'ancien premier ministre péquiste, M. Charest s'est rappelé de cette époque, l'épisode le plus intense de leur vie politique respective.

Lors du référendum sur l'avenir du Québec, en 1995, M. Parizeau «est un adversaire. C'est une équipe de trois de chaque côté. À ce moment-là, il faut savoir que la partie fédéraliste prend très au sérieux monsieur Parizeau. Il est respecté; il est pris au sérieux; il est même craint, parce qu'on le sait très déterminé dans son projet. Il y a Lucien Bouchard aussi; il y a Mario Dumont, qui est un grand talent de la politique. Alors on a vécu durant l'épisode du référendum l'expérience politique la plus intense qu'on ait vécue de nos vies. Ça a été très intense, très serré», s'est souvenu Jean Charest.

«L'enjeu était grand: l'avenir d'un pays et la volonté, pour certains, d'en créer un nouveau. On ne vit pas très souvent ce genre de débat. Donc, ça a été une bataille assez épique», a-t-il ajouté.

Dès le début de sa carrière comme grand serviteur de l'État, Jacques Parizeau s'est dévoué à la cause à laquelle il croyait: celle de voir les Québécois détenir les rênes de leur économie afin de mieux maîtriser leur avenir.

Ainsi, comme haut fonctionnaire, M. Parizeau a été «un acteur important et un des architectes du Québec moderne», conclut M. Charest. Il a fait une «contribution inégalée» à l'économie québécoise avec l'édification de la Caisse de dépôt et placement du Québec, de la Régie des rentes du Québec et de la Société générale de financement, entre autres, rappelle M. Charest.

Et lorsqu'il s'est fait élire, M. Parizeau est arrivé avec une solide réputation d'économiste qui le précédait. «En 1976, moi j'étais assez jeune; j'avais 18 ans. Et le souvenir que j'ai, c'est que Jacques Parizeau donne au gouvernement Lévesque sa crédibilité sur les enjeux économiques», se rappelle M. Charest.

L'engagement en politique de M. Parizeau a aussi été intense, relève M. Charest. «Il se présente en 1970; il est défait. Il revient en 1973; il est défait. Il revient une troisième fois. Son engagement n'était pas un engagement frivole. C'était un engagement réel, ancré dans ses convictions», en conclut-il.

Au plan de la personnalité, M. Charest retient de Jacques Parizeau qu'il était non seulement un «tacticien» intelligent, mais qu'il avait aussi «une qualité rare: la volonté de passer à l'action, de provoquer les événements, de les faire arriver».

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Claude Boucher

Archives La Tribune, Maxime Picard

Un homme d'une grande intégrité

C'est le souvenir d'un homme d'une grande intégrité et d'une compétence exceptionnelle que l'ancien député péquiste de Johnson Claude Boucher gardera de son ancien chef et premier ministre Jacques Parizeau.

«Pour lui, c'était la patrie avant le parti. La souveraineté était le combat de sa vie», rappelle l'ancien député de Johnson.

Pour lui, Jacques Parizeau a été l'un des grands hommes d'État que le Québec ait connus.

«Il a été l'un des architectes du Québec moderne. Il a servi le Québec comme conseiller économique sous Jean Lesage et son action s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui. Pour lui, la suite logique de la Révolution tranquille était que le Québec devienne un pays. Il y a travaillé toute sa vie», indique Claude Boucher.

Il se souviendra de Jacques Parizeau comme d'un pédagogue près des gens.

«C'était un vulgarisateur exceptionnel. Il pouvait expliquer l'économie du Québec à un citoyen en quelques minutes. J'avais beaucoup d'affection pour ce grand homme», indique M. Boucher.

Claude Boucher a arpenté le Bas-Saint-Laurent dès 1975 avec Jacques Parizeau avant l'élection historique de 1976 où le PQ avait été porté au pouvoir pour la première fois avec René Lévesque.

«J'étais président régional du PQ et je lui servis de chauffeur dans cette région. Cependant, il a toujours continué à me gêner. Même quand j'étais député, je ne passais pas directement par lui pour solliciter un rendez-vous. Pour moi, Jacques Parizeau était vraiment imposant», se souvient Claude Boucher.

«Il poussait son panier d'épicerie et on voyait qu'il était affaibli.»

Un admirateur

Affirmant être un admirateur de Jacques Parizeau malgré de profondes divergences de vues en ce qui concerne l'avenir de la nation québécoise, l'ex-député libéral Robert Benoit se souvient d'avoir croisé l'ancien premier ministre péquiste dans une épicerie, à l'île des Soeurs, il y a deux ou trois ans.

La courte discussion qu'il avait alors eue avec M. Parizeau lui avait permis de constater à quel point celui-ci connaissait bien le Québec politique.

«Il poussait son panier d'épicerie et on voyait qu'il était affaibli. Je m'étais approché de lui et je l'avais salué. Il se souvenait de moi et du comté que je représentais quand il était lui-même à l'assemblée nationale. Ça m'avait étonné. Je n'étais pas un député qui avait un rôle majeur, mais il pouvait tout de même me nommer et dire le nom de mon comté», raconte M. Benoit.

- Avec René-Charles Quirion et Jean-François Gagnon

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