Jacques Parizeau salué de toutes parts comme un grand homme d'État

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(SHERBROOKE) C'est le souvenir d'un homme d'une grande intégrité et d'une compétence exceptionnelle que l'ancien député péquiste de Johnson Claude Boucher gardera de son ancien chef et premier ministre Jacques Parizeau.

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Claude Boucher

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«Pour lui, c'était la patrie avant le parti. La souveraineté était le combat de sa vie», rappelle l'ancien député de Johnson.

Pour lui, Jacques Parizeau a été l'un des grands hommes d'État que le Québec ait connus.

«Il a été l'un des architectes du Québec moderne. Il a servi le Québec comme conseiller économique sous Jean Lesage et son action s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui. Pour lui, la suite logique de la Révolution tranquille était que le Québec devienne un pays. Il y a travaillé toute sa vie», indique Claude Boucher.

Il se souviendra de Jacques Parizeau comme d'un pédagogue près des gens.

«C'était un vulgarisateur exceptionnel. Il pouvait expliquer l'économie du Québec à un citoyen en quelques minutes. J'avais beaucoup d'affection pour ce grand homme», indique M. Boucher.

Claude Boucher a arpenté le Bas-Saint-Laurent dès 1975 avec Jacques Parizeau avant l'élection historique de 1976 où le PQ avait été porté au pouvoir pour la première fois avec René Lévesque.

«J'étais président régional du PQ et je lui servis de chauffeur dans cette région. Cependant, il a toujours continué à me gêner. Même quand j'étais député, je ne passais pas directement par lui pour solliciter un rendez-vous. Pour moi, Jacques Parizeau était vraiment imposant», se souvient Claude Boucher.

«Il poussait son panier d'épicerie et on voyait qu'il était affaibli.»


Un admirateur

Affirmant être un admirateur de Jacques Parizeau malgré de profondes divergences de vues en ce qui concerne l'avenir de la nation québécoise, l'ex-député libéral Robert Benoit se souvient d'avoir croisé l'ancien premier ministre péquiste dans une épicerie, à l'île des Soeurs, il y a deux ou trois ans.

La courte discussion qu'il avait alors eue avec M. Parizeau lui avait permis de constater à quel point celui-ci connaissait bien le Québec politique.

«Il poussait son panier d'épicerie et on voyait qu'il était affaibli. Je m'étais approché de lui et je l'avais salué. Il se souvenait de moi et du comté que je représentais quand il était lui-même à l'assemblée nationale. Ça m'avait étonné. Je n'étais pas un député qui avait un rôle majeur, mais il pouvait tout de même me nommer et dire le nom de mon comté», raconte M. Benoit.

«Un immense deuil»

Les réactions au décès de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau n'ont pas tardé, presque tous saluant le grand homme d'État qu'il a été.

L'un de ses plus proches collaborateurs, qui fut un temps candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée, lui a rendu hommage sur Twitter, en le liant aux «trois faiseurs d'histoire» avec l'ancien premier ministre René Lévesque et Camille Laurin, le père de la Charte de la langue française.

«Un immense deuil s'ouvre cette nuit, a écrit le député péquiste de Rosemont. Un géant s'est éteint. Ses idées éclairent l'avenir.»

Son biographe Pierre Duchesne a simplement noté que «le combattant est allé se reposer».

Un autre témoignage est venu du petit-fils de M. Parizeau.

«Mon grand-père était un homme incroyable, il m'a beaucoup apporté, a écrit son petit-fils Hadrien, qui a suivi les traces de son aïeul au sein du mouvement indépendantiste. Les conseils qu'il m'a donnés, lors des inoubliables moments passés avec lui, continueront à me guider à jamais. Merci Grand-papa.»

L'épouse de M. Parizeau, la militante péquiste de longue date Lisette Lapointe, avait annoncé la nouvelle simplement, lundi soir: «immense peine ce soir; l'homme de ma vie est parti; tout en douceur, entouré de plein d'amour; après un combat titanesque, hospitalisé durant cinq mois; traversant les épreuves les unes après les autres».

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, un ancien ministre péquiste, a offert ses condoléances à ce «grand homme d'État avec qui j'ai eu le privilège de discuter souvent de l'économie du Québec».

Le maire de Montréal Denis Coderre a annoncé que les drapeaux de la ville de Montréal aussi seraient en berne «par respect pour monsieur Parizeau». Il a qualifié l'ancien premier ministre de «l'un des grands serviteurs du Québec». Il a ajouté avoir «toujours respecté l'homme public et l'homme de conviction qu'il était».

Mario Dumont, ancien chef du parti Action démocratique du Québec, qui avait fait campagne aux côtés de Jacques Parizeau pour le référendum de 1995, a salué son «sens de l'État» et l'a qualifié de véritable «encyclopédie sur le Québec». De même, il a souligné ses «convictions profondes, son respect des humains et des institutions».

Par voie de communiqué, la Société Saint-Jean-Baptiste a transmis ses hommages. Intitulé «Reposez en paix, Monsieur», le texte signé par le président général de la Société, Me Maxime Laporte, souligne «l'homme politique extraordinaire» qu'il aura été. «Il fut sans conteste l'un des plus importants bâtisseurs du Québec moderne, ce même Québec que certains politiciens ordinaires s'affairent aujourd'hui à démolir.»

Le ministre fédéral de l'industrie, James Moore, a offert ses condoléances à la famille avec le message «Mes sympathies à la famille de Jacques Parizeau».

- Avec Jean-François Gagnon et La Presse Canadienne

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