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Antibiotiques en eau de surface: concentrations plus élevées dans les pays pauvres

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Pedro A. Segura

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(SHERBROOKE) Conséquence de l'accès limité ou de l'absence de système de traitement des eaux, les concentrations d'antibiotiques dans les eaux de surface sont beaucoup plus élevées dans les pays à faible revenu que dans les pays riches, montre une étude comparative sur la présence d'antibiotiques dans l'environnement.

« Une telle étude à l'échelle globale est sans précédent », estime le professeur à la faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke Pedro A. Segura, qui a dirigé une équipe internationale pour mener l'étude.

Il s'agit d'une enquête collaborative réalisée avec des chercheurs de plusieurs pays, dont Hideshige Takada, Viviane Yargeau et José A. Correa.

En collaboration avec ses confrères provenant de plusieurs pays, M. Segura a colligé les concentrations d'antibiotiques rapportées dans la littérature scientifique entre 1998 et 2014. Pour compléter la base des données mondiales - étant donné que la plupart des études sur le sujet avaient été menées dans des pays à revenu élevé - des échantillons d'eau ont été recueillis en Afrique. Les chercheurs se sont notamment intéressés au Kenya, au Ghana et au Mozambique.

Dans bon nombre de pays en voie de développement, les eaux des rivières et des nappes, par exemple, sont utilisées comme eaux de consommation et pour l'irrigation des cultures maraîchères.

« Selon nous, ces résultats sont une conséquence de l'accès limité ou de l'absence de traitement des eaux usées dans les pays défavorisés », commente M. Segura. Selon lui, il ne s'agit pas du seul facteur pour expliquer la situation, mais il s'agit d'un des facteurs majeurs.

Autres contaminants

L'étude permet de confirmer que les pays à faible revenu sont plus vulnérables à la contamination causée par les antibiotiques, de même que par d'autres contaminants émergents, comme les hormones synthétiques et les produits pharmaceutiques.

Les chercheurs ont aussi remarqué que le prix des antibiotiques a un impact sur leur présence dans les eaux des pays en voie de développement : les antibiotiques les moins chers sont détectés plus fréquemment.

Peut-on y voir une nouvelle menace à la santé de ces populations? « Pas encore. Les concentrations ne sont pas assez élevées pour voir des effets sur la population ou sur les écosystèmes aquatiques. Il reste encore beaucoup de facteurs qu'on ne connaît pas. Il y a beaucoup d'autres substances (...) et on commence seulement à les étudier », indique M. Segura, en soulignant qu'on ne connaît pas, par exemple, l'effet des interactions entre ces substances. « Il ne faut pas s'inquiéter des concentrations pour le moment. On n'a pas encore vu d'effets. »

Les contaminants émergents pourraient être une nouvelle sorte d'indicateurs afin de voir à quel point les eaux sont traitées; ils peuvent donner des indices sur le niveau des systèmes de traitement des eaux.

Un geste simple afin d'éviter la présence d'antibiotiques dans l'eau est de rapporter, par exemple, ses médicaments à la pharmacie lorsqu'ils sont périmés plutôt que de les jeter à la poubelle ou à la toilette, fait remarquer M. Segura.

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