Des démarches juridiques d'ici pour faire libérer Raif Badawi

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Raif Badawi

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La Presse Canadienne
Montréal

Convaincus que la voie juridique peut aussi être empruntée pour parvenir à faire libérer le blogueur Raif Badawi, emprisonné en Arabie saoudite, Avocats sans frontières Canada et le Barreau du Québec vont travailler ensemble en invoquant le droit saoudien et la constitution saoudienne.

Les deux organisations ont rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour expliquer de quelle façon ils entendaient procéder.

«Nous voulons contribuer à trouver une solution basée sur le droit», a résumé le directeur général d'Avocats sans frontières Canada, Me Pascal Paradis.

Et le Barreau du Québec viendra en soutien à Avocats sans frontières «en lui fournissant des ressources matérielles et humaines», de l'expertise en matière de recherche et de législation, de même qu'en services de communication, a précisé le bâtonnier du Québec, Me Bernard Synnott.

Me Synnott a souligné qu'entre autres, il pensait invoquer le fait que la Charte arabe des droits de l'Homme, à laquelle a adhéré l'Arabie saoudite en mai 2004, prévoit le droit à un avocat et à une défense pleine et entière. Or, M. Badawi n'a plus d'avocat, puisque celui-ci a été emprisonné. M. Badawi a bien le soutien d'une «représentante légale» maintenant, mais celle-ci n'est pas avocate.

De même, Me Paradis a noté que l'Arabie saoudite a signé une convention contre la torture, qui sera invoquée.

De plus, comme M. Badawi était blogueur, il pense contester le fait qu'avoir un site Internet contrevienne à la loi saoudienne sur la cybercriminalité.

«La Cour suprême a lancé un message important, en janvier dernier, en renvoyant l'affaire en première instance pour un nouveau procès. Nous pensons qu'il y a là une opportunité de développer de nouveau un argumentaire juridique et que le tribunal pourrait être ouvert à l'entendre, parce que s'il y a un nouveau procès qui a été ordonné, ça veut dire qu'il faut revoir l'affaire sous un nouvel angle», a avancé Me Paradis.

Au nom du Barreau du Québec, Me Synnott a tenu à clarifier son rôle dans cette affaire. «Le Barreau du Québec n'entend pas faire le procès de l'Arabie saoudite ni de son système de droit. Ce que nous recherchons, c'est de faire les représentations qui s'imposent, en tenant compte des traités internationaux et des conventions internationales, mais également en analysant la règle de droit saoudienne», a-t-il expliqué.

Présente à la conférence de presse, l'épouse de M. Badawi, Ensaf Haidar, s'est dite heureuse de ces appuis, par la voie de son interprète.

Elle a précisé que les communications avec son mari sont très brèves, «cinq à six minutes», et ont essentiellement trait à des questions juridiques. Elle a ajouté que l'état de santé de son mari était toujours «détérioré», surtout au plan psychologique.

Raif Badawi a été condamné à purger une peine d'emprisonnement de 10 ans et à subir 1000 coups de fouet pour insulte envers les valeurs religieuses et blasphème. Il en a subi 50 lors d'une première séance. Depuis, les autres séances ont été reportées. Au début de l'année, la Cour suprême a toutefois renvoyé sa cause à un tribunal de première instance, qui devra la réentendre. Il attend maintenant un nouveau procès.

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