Hydro: une hausse de 2,9 %... en attendant

Hydro-Québec pourra augmenter ses tarifs de 2,9 % à compter du 1er avril... (Archives La Presse)

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Hélène Baril
Hélène Baril
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Hydro-Québec pourra augmenter ses tarifs de 2,9 % à compter du 1er avril prochain et obtient le feu vert de la Régie de l'énergie pour répartir sur les cinq prochaines années les coûts élevés des achats d'électricité de l'hiver extrêmement froid de l'an dernier.

Ça revient à des hausses de tarifs en banque jusqu'en 2020, a commenté hier l'analyste en énergie de l'Union des consommateurs, Marc-Olivier Moisan-Plante.

Les Québécois devront encaisser une troisième augmentation consécutive du prix de l'électricité supérieure à l'inflation. Mais ça aurait pu être bien pire.

Hydro réclamait une augmentation de 3,9 % de ses tarifs, et le report sur cinq ans du coût de l'électricité achetée en janvier et février2014, augmenté d'un taux d'intérêt de 7,1 %.

La Régie a modéré les ardeurs de la société d'État, en ramenant la hausse à 2,9 % et en acceptant le report sur cinq ans, mais au taux d'intérêt plus raisonnable de 2,7 %.

Résultat : la facture moyenne des clients résidentiels augmentera de 45 $ par année. Pour un logement de cinq pièces et demie, la hausse moyenne sera de 18 $ et pour un bungalow, de 66 $, selon le calcul d'Hydro.

Il s'agit de prévisions de factures à températures normales, souligne le porte-parole de l'Union des consommateurs. Ce sera plus élevé si l'hiver est très froid, comme ça a été le cas l'an dernier et cette année.

Hausses identiqques à Sherbrooke

Pour les abonnés d'Hydro-Sherbrooke, les hausses de tarifs seront identiques à celles observées chez Hydro-Québec.

Quant au nouveau mode de tarification, il force la Ville de Sherbrooke à acheter pour l'été l'équivalent de 30 % de la puissance maximale atteinte en hiver. Pierre Fréchet, chef de division à Hydro-Sherbrooke, précise que cette directive s'applique cette année au poste Orford, qui a atteint une puissance de 228 MW cet hiver. « Il faudra donc acheter 68 MW d'Hydro-Québec, alors qu'avec les anciennes balises, on baissait à 5 MW en été. »

Ce sont donc 2 M$ en revenus d'Hydro-Sherbrooke qui ne seront pas versés à la Ville en 2015, une somme dont la Ville a tenu compte lors de l'élaboration de son budget en décembre dernier.

Hydro-Québec a enregistré en 2014 des profits record de 3,4milliards, en grande partie à cause des mois très froids de l'hiver dernier et des kilowattheures supplémentaires vendus à sa division Distribution.

Cette obligation réglementaire qui fait que la division Distribution fait payer à ses clients les achats qu'elle réalise auprès d'Hydro-Québec Production en période de grands froids à des prix très élevés est indécente, estime l'Union des consommateurs. « Ce n'est pas en taxant à l'excès un service essentiel comme l'électricité que le gouvernement devrait chercher à équilibrer ses finances. »

Le coût de l'électricité est devenu inabordable pour de plus en plus de Québécois, déplore l'organisme. Plus de 70 000 ménages québécois ont été débranchés pour défaut de paiement après la dernière hausse, le 1er avril 2014. C'est un record de tous les temps.

SOULAGEMENT

Les consommateurs industriels d'électricité, qui faisaient face à une augmentation de 7,3 % si la Régie n'avait pas accepté le report sur cinq ans des achats d'électricité, sont soulagés. « Il fallait éviter le choc tarifaire », a indiqué hier Luc Boulanger, le porte-parole des plus importants clients d'Hydro-Québec, comme les alumineries.

L'augmentation est limitée à 2,5 % pour les gros consommateurs industriels, parce que l'indexation du bloc patrimonial, qui explique une partie de la hausse accordée par la Régie, ne s'applique pas au tarifL, à la demande du gouvernement.

Les PME se disent soulagées elles aussi, mais également inquiètes pour l'avenir, parce qu'Hydro-Québec continue d'acheter à prix élevé de l'énergie éolienne. Le gouvernement du Québec a aussi fait main basse sur les profits réalisés par Hydro-Québec Distribution qui dépassent le rendement autorisé par la Régie de l'énergie, alors que ces excédents devaient servir à diminuer les hausses de tarifs, a déploré Martine Hébert, porte-parole de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Les propriétaires immobiliers membres de la Corpiq, de leur côté, se demandent pourquoi Hydro-Québec peut obtenir des augmentations supérieures à l'inflation alors que les hausses de loyer sont maintenues à des taux inférieurs au coût de la vie.

- Avec Jonathan Custeau, La Tribune

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