Raif Badawi : l'Arabie saoudite rejette les critiques

Les manifestations qui se tiennent à Sherbrooke pour... (IMACOM, René Marquis)

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Les manifestations qui se tiennent à Sherbrooke pour Raif Badawi ne sont que la pointe de l'iceberg de l'immense mobilisation internationale pour la libération du blogueur.

IMACOM, René Marquis

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Camille Dauphinais-Pelletier, Agence France-Presse
La Tribune

(Sherbrooke) L'Arabie saoudite a rejeté samedi les critiques suscitées à travers le monde par la flagellation du blogueur saoudien Raif Badawi, condamné à 1000 coups de fouet pour « insulte à l'islam ».

Dans un communiqué, un porte-parole du ministère saoudien des Affaires étrangères a « vivement dénoncé la campagne médiatique menée autour de l'affaire de Raif Badawi » et déploré les critiques contre le système judiciaire saoudien.

« Le royaume n'accepte aucune forme d'ingérence dans ses affaires internes et rejette (...) l'atteinte à l'indépendance de sa justice », a ajouté le porte-parole, cité par l'agence officielle Spa.

« Le royaume n'accepte que quiconque l'attaque au nom des droits de l'Homme d'autant que sa Constitution est fondée sur la Charia (loi) islamique qui garantit à l'homme ses droits », a-t-il encore dit.

Il s'est élevé contre les tentatives de « certaines parties internationales », qu'il n'a pas nommées, « de politiser » la question des droits de l'Homme pour « s'en prendre aux droits souverains des États selon des normes sélectives (...), ce que le royaume n'accepte pas ».

Une première

Il s'agit de la première fois que l'Arabie saoudite émet une réponse dans le dossier de Raif Badawi, mais aussi dans une campagne de ce genre menée par Amnistie internationale. « C'est probablement en raison de l'ampleur de la campagne qu'ils ont senti le besoin de répondre », avance Mireille Elchacar, coordonnatrice pour Amnistie internationale en Estrie.

Cependant, une fois de plus, ce mouvement du gouvernement ne permet pas de prédire de façon claire ce qui risque d'arriver au blogueur, dont la femme et les trois enfants se sont réfugiés à Sherbrooke. « Ils n'annoncent pas grand-chose, pas de décision nouvelle dans le dossier. Ils notent qu'ils ne sont pas d'accord avec la campagne, ce qui n'est pas surprenant. On peut voir ça comme un geste d'autodéfense, plusieurs États se sont prononcés contre la sentence », explique Mme Elchacar. « Encore une fois, c'est très difficile de prévoir ce qui va se passer. »

On ne sait toujours pas, par exemple, si M. Badawi pourrait repasser devant le tribunal pour être jugé pour apostasie - un acte puni par la peine de mort en Arabie saoudite - comme des rumeurs le laissaient entendre la semaine dernière.

Même si le dossier demeure toujours opaque et qu'Amnistie internationale se garde bien de se réjouir trop vite, la réaction peut être perçue de façon positive. « Ça peut être considéré comme quelque chose de réjouissant dans le sens où ils sentent le besoin de se justifier », dit Mme Elchacar.

La conjointe de M. Badawi, Ensaf Haidar, aurait évidemment apprécié une réponse du gouvernement saoudien démontrant plus d'ouverture. « Mais j'essaie de lui montrer que c'est positif que l'Arabie saoudite ressente le besoin de répondre », poursuit Mireille Elchacar.

Pour ce qui est du propos tenu dans le communiqué, soit que l'Arabie saoudite respecte les droits de l'homme, Mme Elchacar est catégorique. « On reconnaît que chaque pays est souverain et peut avoir ses propres lois, son fonctionnement politique et juridique, mais là où on n'est pas d'accord, c'est quand le droit international est bafoué, quand les droits fondamentaux de la population sont atteints. On a alors le droit, et même le devoir, d'intervenir. L'Arabie saoudite dit qu'elle respecte les droits humains, mais en observant bien, c'est clair qu'il y a des problèmes. La flagellation n'est pas correcte même si elle est permise en Arabie saoudite. »

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