Raif Badawi, emprisonné depuis 1000 jours, sera honoré d'un prix

Les reconnaissances s'accumulent pour le blogueur saoudien Raif Badawi, qui... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Les reconnaissances s'accumulent pour le blogueur saoudien Raif Badawi, qui obtient le Prix du courage du Sommet de Genève pour les droits de la personne, un prix remis par une coalition d'organisations non gouvernementales. L'annonce de cette reconnaissance survient alors que le blogueur en sera à son 1000e jour de prison en Arabie saoudite, demain.

Selon Mireille Elchacar, agente de développement régional pour Amnistie internationale (AI) en Estrie, les réalisateurs Patricio Henriquez et Luc Côté souhaitent réaliser un film sur Raif Badawi. Ces derniers avaient réalisé le documentaire Vous n'aimez pas la vérité : 4 jours à Guantánamo.

La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, recevra la reconnaissance au nom de son mari par vidéo, le 24 février, alors que se déroulera le 7e sommet pour les droits de l'homme et la démocratie. Il sera honoré « pour son extraordinaire courage dans la défense des libertés et des droits de l'homme ».

Le sommet réunit notamment d'anciens prisonniers politiques et des militants des droits de la personne. Il vise notamment à influencer les ministres des Affaires étrangères qui se réunissent pour l'ouverture de la session annuelle du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. L'Arabie saoudite compte un siège au sein du conseil. Or, aucune résolution n'a jamais été adoptée pour dénoncer la situation des droits de l'homme dans ce pays.

« Ce qui est intéressant, c'est que ça met la lumière sur une situation que l'on dénonce depuis longtemps », commente Mme Elchacar. Entrée au sein d'AI en 2000, elle raconte à quel point il était difficile de dénoncer la situation dans ce pays. « Beaucoup de pays entretiennent des relations économiques avec l'Arabie saoudite. Beaucoup de pays sortent de leur réserve », dit-elle en faisant allusion à la mobilisation planétaire pour Raif Badawi. Ce dernier insiste auprès de sa conjointe sur l'importance de parler des autres prisonniers, dont son avocat, Walid Aboul Khair, également son beau-frère.

Les 1000 jours de prison ont une résonnance toute particulière. « C'est un chiffre symboliquement fort. C'est vraiment un signal qu'il faut maintenir la pression. Ce sont des pratiques qu'il faut dénoncer. Pour une fois que les pays sortent de leur réserve... »

Raif Badawi a été emprisonné en 2012, pour des propos qu'il a tenus sur son blogue, qualifiés « d'insulte à l'islam » par le régime saoudien. Il a été condamné à 1000 coups de fouet (administrés par tranche de 50), 10 ans de prison et près de 300 000 $ d'amende. Il a subi une première séance de flagellation le 9 janvier dernier.

Rappelons que Raif Badawi se retrouve en nomination pour l'obtention du prix Nobel de la paix 2015.

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