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Les retraités du secteur public montent au front pour défendre leurs acquis

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Les retraités du secteur public montent au front pour protéger leurs acquis. Réunies au sein d'un groupe de travail, 12 associations représentant plus de 115 000 retraités du secteur public redoutent l'appauvrissement de leurs membres et condamnent les offres du gouvernement Couillard soumises aux employés de l'État le 15 décembre dernier.

«Pour nous, l'offre déposée par le président du Conseil du trésor représente une atteinte à la sécurité financière des Québécois, elle diminue la rente nette des retraités, elle diminue le pouvoir d'achats des personnes aînées», a déclaré en point de presse, lundi, un porte-parole du groupe de travail, Donald Tremblay, président de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic.

Le report de l'âge de la retraite sans pénalité de 60 à 62 ans, l'augmentation de la pénalité pour la retraite anticipée et la nouvelle méthode de calcul des rentes sont autant de propositions qui risquent de saper le pouvoir d'achat des retraités, a renchéri le président de l'Association des retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec, Pierre-Paul Côté.

Les retraités s'inquiètent particulièrement d'un scénario évoqué le 15 décembre par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux: l'indexation des rentes conditionnelles au rendement. Le groupe de travail y voit une épée de Damoclès qui pend au-dessus des retraités du secteur public.

«Cela nous semble carrément inspiré du projet de loi 3 sur les régimes de retraite municipaux», a déploré la présidente de l'Alliance des associations de retraités, Mariette Gélinas, qui craint un deuxième «coup de force» du gouvernement depuis celui de 1982.

«Nos rentes sont partiellement désindexées depuis 1982, a expliqué Mme Gélinas. Le gouvernement avait adopté un décret pour nous imposer un gel salarial et une désindexation de nos rentes. Trente ans plus tard, on en subit encore les impacts. Si le gouvernement devait procéder de même manière cette année, ce serait ajouter l'insulte à l'injure.»

De l'avis du groupe de travail, le gouvernement fait fausse route en voulant resserrer les règles du régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Le principal régime du secteur public est en santé, ont fait valoir les porte-parole.

Au 31 décembre 2013, le RREGOP affichait un taux de capitalisation de 96 pour cent, un taux qui, de l'avis des représentants des retraités, pourrait atteindre 100 pour cent lors de la prochaine évaluation actuarielle au 31 décembre 2014.

«La seule raison qui pousse le gouvernement à vouloir ratatiner notre régime de retraite, c'est sa volonté d'économiser de l'argent sur notre dos», a allégué M. Côté.

Le groupe de travail demande une rencontre d'urgence avec M. Coiteux pour faire part de ses doléances et faire barrage aux nouvelles mesures qui doivent en principe entrer en vigueur en 2017.

Les retraités ne sont pas une dépense, mais plutôt un investissement, a soutenu M. Tremblay, résumant l'argumentaire du groupe de travail.

«Les sommes déposées dans nos régimes de retraite sont investies par la Caisse de dépôt et de placement du Québec, a-t-il soulevé. Ce sont 50 milliards $ pour le RREGOP, 9 milliards $ pour le Régime de retraite du personnel d'encadrement et si on ajoute le fonds d'amortissement des régimes de retraite, ce sont 50 milliards $ de plus. Cet argent stimule l'économie, soutien l'activité économique en région et crée de l'emploi.»

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