SOCIOFINANCEMENT

Tous pour un sinistré

Jean-Christophe Côté fait partie des locataires qui ont... (IMACOM, RENÉ MARQUIS)

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Jean-Christophe Côté fait partie des locataires qui ont tout perdu lors de l'incendie de l'édifice qui abritait La Petite Boite Noire et sept appartements. Il se sert maintenant du financement pour repartir de zéro.

IMACOM, RENÉ MARQUIS

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Nora T. Lamontagne

Dans la nuit du 16 au 17 janvier, un incendie a ravagé le 55, Wellington Sud, réduisant en cendres La Petite Boite Noire ainsi que sept logements. Jean-Christophe Côté, un des locataires, se sert du sociofinancement pour repartir de zéro, une deuxième fois.

La description de la page « Aidons JC après l'incendie du 16 janvier » résume assez bien la chose : « [Jean-Christophe] a tout perdu, excepté son bien le plus précieux, son vibraphone ».

Étudiant de musique tout juste diplômé, il ne peut bénéficier des assurances parentales venues à échéance en décembre, à la fin de son baccalauréat. Son frère lui propose alors de mettre sur pied une campagne de sociofinancement sur Youcaring.com, qui ne prélève pas de pourcentage sur les fonds récoltés (contrairement à la majorité des sites du genre).

D'abord sceptique, Jean-Christophe est enchanté par les 300 $ qui sont amassés dans les premières heures de la mise en ligne de la campagne. À la fin de la première journée, le total s'élève déjà à 1200 $. « Je m'y attendais pas! dit-il. Je connais des organismes qui ont fait des campagnes comme ça, mais pas des personnes... C'est peut-être pour ça que je ne croyais pas que ça allait fonctionner. »

Et pour cause. Depuis le 19 janvier, 4500 $ ont été récoltés, sur une perte totale qu'il estime à 12 000 $, au minimum. Au total, plus de 100 personnes ont contribué, et pas que des gens dans son entourage. « Il y a des inconnus aussi. Quelqu'un a écrit "je te connais pas, mais je te donne 10 $". C'est sûr que c'est apprécié. »

Pour Jean-Christophe, un tel succès aurait été impensable il y a 10 ans. Les gens auraient été trop méfiants pour envoyer leurs dollars via les circuits obscurs du web.

De l'argent, mais encore

Plus que des pertes matérielles, cet incendie, le deuxième de sa vie, a aussi des répercussions sur le moral de Jean-Christophe Côté. Il essaie de se concentrer sur ce qui lui reste. « C'est comme recommencer du début... Mais pas en musique, au moins. » Dans l'incendie, il aura perdu sa batterie, sauf que les contrats n'attendent pas. L'argent récolté servira d'abord à racheter un nouvel instrument, et aussi quelques vêtements.

Une collecte de dons comme celle-ci permet des encouragements précieux, en plus de dons. Soutien psychologique pendant les semaines qui suivent la catastrophe, les témoignages des donateurs peuvent aussi contribuer à aider le sinistré nouvellement sans logement.

Et toute la campagne a un effet d'entraînement, selon Jean-Christophe. Les gens reviennent régulièrement visiter la page pour suivre l'évolution de la campagne, comme ils contribuent à son succès. Reconnaissant, il prévoit remercier ses donateurs. « On a la liste de tous les noms des gens qui ont donné... Je vais passer une soirée sur l'ordi de mon coloc à écrire merci à tout le monde. »

Mais ce n'est pas tous qui préfèrent donner en ligne : certains de ses amis ont préféré lui remettre de l'argent en main propre, pour éviter le 2,9 % que PayPal prélève sur toutes les transactions. D'ailleurs, loin de se limiter au web, la campagne pour donner un coup de main à Jean-Christophe se continue le 26 février, lors d'un 5 à 8 au Studio K, qui verra la prestation de l'ensemble de trompettes et du big band de l'UdeS, dont il fait partie.

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