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La cause de Raïf Badawi suscite à la fois l'espoir et l'inquiétude

La famille de Raïf Badawi, réfugiée à Sherbrooke, et les supporters du blogueur... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Archives La Tribune, René Marquis

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

La famille de Raïf Badawi, réfugiée à Sherbrooke, et les supporters du blogueur saoudien partout dans le monde sont déchirés entre deux émotions contradictoires, soit l'espoir et l'inquiétude.

L'inquiétude tient au fait qu'on ne sait toujours pas s'il sera à nouveau flagellé vendredi prochain ou non.

Raïf Badawi, qui a aussi a été condamné à 10 ans de prison et 300 000 $ d'amende, doit recevoir 1000 coups de fouet au rythme de 50 par semaine durant 20 semaines consécutives, notamment pour avoir fait la promotion de réformes et demandé aux musulmans de faire preuve de davantage de tolérance par rapport aux non-musulmans.

Après avoir reçu les 50 premiers coups de fouet le 9 janvier, sa flagellation a été reportée les deux vendredis suivants en raison de son état de santé précaire. Un comité de huit médecins l'ayant examiné la semaine dernière a conclu qu'il ne pouvait être fouetté durant une période indéterminée pour une série de problèmes médicaux dont un assez grave de tension artérielle élevée.

Cependant, cette décision doit être révisée par le médecin de la prison vendredi.

Démonstration de clémence

À l'opposé, l'espoir réside dans l'arrivée d'un nouveau souverain après la mort du roi Abdallah. Il n'est pas rare, dans les sociétés monarchiques, qu'une succession donne lieu à une démonstration de clémence et à des amnisties.

Le cas de Raïf Badawi représente une sérieuse épine dans le pied de l'Arabie saoudite, qui n'avait pas prévu une telle vague d'appui.

L'affaire a soulevé une indignation mondiale qui, pour une rare fois, a été exprimée non seulement par les groupes de défense des droits de la personne mais aussi de nombreuses organisations internationales et, surtout, les gouvernements de plusieurs pays alliés.

La coïncidence entre l'attentat meurtrier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le 7 janvier, et le début de la flagellation de Raïf Badawi, deux jours plus tard, a également contribué à jeter un éclairage sur des facettes différentes d'un même problème, soit l'atteinte au droit à la liberté d'expression.

Amnistie internationale, qui soutient l'épouse et les trois enfants de Raïf Badawi à Sherbrooke, estime que cette coïncidence a permis de briser le silence qui entoure les flagellations, les décapitations et autres formes de torture qui sont monnaie courante en Arabie saoudite.

Le site Internet qui abrite la pétition demandant la libération du jeune blogueur de 32 ans a été complètement débordé à la suite du passage de son épouse, Ensaf Haidar, à l'émission «Tout le monde en parle». Mardi matin, il était rétabli. Plus de 54 000 personnes l'ont signée jusqu'ici.

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