• La Tribune > 
  • Actualités 
  • > Raif Badawi: Couillard doit être plus ferme avec l'Arabie saoudite, dit le PQ 

Raif Badawi: Couillard doit être plus ferme avec l'Arabie saoudite, dit le PQ

Philippe Couillard... (Archives La Presse)

Agrandir

Philippe Couillard

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) L'opposition officielle à l'Assemblée nationale estime que le premier ministre Philippe Couillard devrait se montrer plus ferme avec l'Arabie saoudite, où est emprisonné le blogueur Raif Badawi, dont la conjointe et les enfants habitent Sherbrooke.

Dans une conférence de presse clôturant un caucus péquiste en Montérégie, le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a évoqué, comme deux candidats à la direction du PQ l'avaient fait plus tôt, le séjour de quatre ans en Arabie saoudite de M. Couillard.

Candidat à la direction du PQ, le député Alexandre Cloutier a parlé la possibilité que le premier ministre se soit «endormi» parce qu'il a vécu dans un pays où les droits de la personne sont bafoués. M. Cloutier a estimé que le premier ministre devrait profiter de son séjour à Davos, à l'occasion du Forum économique mondial, pour protester vendredi auprès du prince saoudien Turqi al Faisal al Saud, ancien ambassadeur invité à l'événement, concernant le traitement réservé au blogueur Raïf Badawi.

M. Badawi a été condamné par les autorités saoudiennes à 10 ans de prison et à recevoir 1000 coups de fouet parce qu'il a défendu les valeurs libérales et fait la promotion de la liberté de religion.

«Chaque occasion est bonne pour parler des droits de la personne, a-t-il dit. Et ça m'apparaît aller de soi quand on parle de développement durable et de développement économique.»

Pour sa part, le député Pierre Karl Péladeau, lui aussi dans la course à la direction du PQ, a jugé qu'une intervention de M. Couillard n'aurait pas d'impact significatif puisque «les relations internationales appartiennent au Canada et à cet égard-là, que ce soit l'Arabie saoudite ou tout autre pays, c'est de compétence fédérale».

«J'ai bien peur que ses gestes soient inoffensifs», a-t-il dit, en rappelant que ce ne serait pas le cas si le Québec était souverain.

«Nous sommes prudents. Les choses changent rapidement en Arabie saoudite.»


Mireille Elchacar... (Imacom, René Marquis) - image 3.0

Agrandir

Mireille Elchacar

Imacom, René Marquis

Flagellation de nouveau reportée

La deuxième flagellation du blogueur Raïf Badawi a de nouveau été reportée pour des raisons médicales et ce report pourrait être répété la semaine prochaine aussi, selon ce qu'a appris la porte-parole de la famille, Elham Manea.

«Les autorités ont procédé à un examen médical approfondi et ont conclu qu'il n'est pas en état d'être flagellé ce vendredi et, semble-t-il, vendredi prochain également», a déclaré jeudi Mme Manea, rejointe en Suisse par La Presse Canadienne.

«Nous sommes très heureux d'entendre cela mais nous sommes aussi prudents; les choses changent rapidement en Arabie saoudite», a-t-elle ajouté.

Raïf Badawi, âgé de 32 ans, a été condamné à une peine de 1000 coups de fouet, en plus de 10 ans d'emprisonnement et d'une amende de 300 000 $, pour avoir tenu sur son blogue des propos jugés trop libéraux en Arabie saoudite.

Pendant ce temps, la pression internationale se maintient et Mme Manea n'écarte pas la possibilité que celle-ci ait joué un rôle dans ces reports répétés.

«L'Arabie saoudite a sous-estimé le cas de Raïf Badawi et l'indignation que sa flagellation soulèverait. Les condamnations de la société civile, d'organisations de droits de la personne, d'organisations internationales et, surtout, de gouvernements alliés qui ont changé leur ton à son endroit ont eu des effets», a-t-elle ajouté.

Selon la responsable d'Amnistie internationale en Estrie, Mireille Elchacar, qui oeuvre auprès de la famille de Raïf Badawi réfugiée à Sherbrooke, il ne fait toutefois aucun doute que l'état de santé du blogueur est préoccupant.

«On savait déjà que M. Badawi n'était pas en très bonne santé. Il est diabétique et c'est plus difficile de se remettre de ce genre de blessures à ce moment. Nous sommes très inquiets pour sa santé», a-t-elle indiqué.

Bien qu'elle se réjouisse que le gouvernement Harper soit sorti de son mutisme pour dénoncer cette situation, Mme Elchacar estime qu'il doit hausser la pression d'un cran. «Nous aimerions que se joignent maintenant à cette prise de position des démarches diplomatiques», a-t-elle dit.

Selon Elham Manea, la pression internationale pourrait d'ailleurs être à l'origine de démarches judiciaires qui ont vu le dossier discrètement transféré à un tribunal supérieur qui a le pouvoir de décider si la cause a du mérite ou non et si la décision préalable peut être maintenue, annulée ou exiger un nouveau procès.

«La démarche n'a jamais été rendue publique, a précisé Mme Manea. Nous avons appris qu'il y a eu une forte intervention de certains éléments de la famille royale en appui au transfert de la cause de Raif Badawi devant ce tribunal de révision», ce qui pourrait représenter, selon elle, une voie de sortie de toute l'affaire.

Raïf Badawi a reçu les 50 premiers coups de fouet de sa peine le 9 janvier, une pratique qui doit en principe être répétée 20 fois sur une base hebdomadaire, mais la deuxième séance, qui était prévue pour vendredi dernier, avait été reportée une première fois pour des raisons de santé.

- Avec et d'après La Presse Canadienne

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer