Raif Badawi sera de nouveau flagellé vendredi

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La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, et d'autres manifestants demandant la libération du blogueur.

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(SHERBROOKE) Malgré la pression internationale qui se fait de plus en plus forte sur l'Arabie saoudite, le blogueur Raif Badawi doit de nouveau être flagellé, vendredi, a indiqué Amnistie internationale, jeudi.

Sa conjointe, Ensaf Haidar, craint que son mari « ne puisse pas supporter physiquement une deuxième série de coups de fouet ».

« Raif m'a dit qu'il souffrait beaucoup à la suite de sa flagellation, son état de santé n'est pas bon et je suis certaine qu'il ne pourra pas résister à une nouvelle série de coups de fouet. J'ai annoncé la nouvelle à nos enfants la semaine dernière pour éviter qu'ils ne l'apprennent par les amis à l'école. Ils sont extrêmement choqués. La pression internationale est essentielle. Je suis convaincue que si nous maintenons notre soutien, il finira par payer. Nous devons continuer de nous battre », a-t-elle indiqué.

« Tous les regards sont tournés vers l'Arabie saoudite. Si les autorités ignorent les très nombreuses critiques et poursuivent sans complexe la flagellation de Raif Badawi, ce pays fera preuve d'un grand mépris du droit international et de l'opinion mondiale », a déclaré par voie de communiqué le directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnistie internationale.

De plus en plus de voix s'élèvent pour condamner la sentence du blogueur : les gouvernements des États-Unis, du Canada, de l'Allemagne et de la Norvège ont tour à tour dénoncé le châtiment qui lui est infligé. Jeudi, le haut-commissaire des droits de l'homme de l'ONU a demandé aux autorités saoudiennes de suspendre la flagellation.

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird est sorti de son mutisme mercredi soir; jusque-là, seul l'ambassadeur de la liberté religieuse du Canada, Andrew Bennett, avait dénoncé cette torture.

Raif Badawi a été emprisonné en 2012 : il a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet, une amende de près de 300 000 $ pour avoir remis en question certains fondements de la société saoudienne, dont la place réservée aux femmes.Une action est prévue devant l'hôtel de ville de Sherbrooke, vendredi à midi et demi; une vigile doit aussi avoir lieu devant l'Assemblée nationale à Québec à midi. 

Nations Unies

L'Organisation des Nations Unies ajoute son poids en faveur de l'interrompre la flagellation de Raif Badawi en Arabie saoudite.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a demandé jeudi aux autorités saoudiennes de ne pas répéter les 50 coups de fouet à infliger au blogueur de 32 ans emprisonné dans ce pays du Moyen-Orient.

«À mon avis, la flagellation est une forme de châtiment cruel et inhumain. Cette peine est interdite au code international des droits de l'homme, en particulier par la Convention contre la torture, que l'Arabie saoudite a ratifiée», a déclaré Zeid, dans un communiqué de presse.

«J'en appelle au roi d'Arabie saoudite d'exercer son pouvoir de mettre fin à la flagellation publique en pardonnant M. Badawi, et à examiner d'urgence ce type de sanction extrêmement sévère.»

Raif Badawi, qui a réclamé sur son blogue une plus grande liberté d'expression et d'opinion en Arabie saoudite, a été condamné à dix ans de prison et à une amende de 300 000 $. Il doit aussi recevoir 1000 coups de fouet, dont 50 ont été administrés vendredi dernier.

M. Badawi, dont la conjointe et ses trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke, dont recevoir 50 autres coups de fouet vendredi. Il est détenu depuis juin 2012. On lui reproche d'avoir critiqué sur son blogue le régime saoudien et la police religieuse.

Au cours des dernières semaines, les pressions se sont multipliées afin que l'Arabie saoudite renonce à ce châtiment et libère Raif Badawi.

Aux Nations Unies, le Comité contre la torture et celui des droits de l'homme ont à plusieurs reprises exprimé leurs préoccupations concernant les États utilisant de la flagellation et ont appelé à son abolition, ajoute le communiqué de presse.

FPJQ

Pour sa part, la section Estrie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ-Estrie) dénonce la peine infligée par le gouvernement de l'Arabie saoudite au blogueur Raif Badawi.

«La FPJQ-Estrie demande au gouvernement fédéral de tout faire pour obtenir des autorités saoudiennes sa libération immédiate. Les journalistes de l'Estrie jugent odieuse la peine qui lui est imposée pour avoir voulu susciter le débat dans son pays», déclare un communiqué de presse.

« Il s'agit d'une atteinte directe à la liberté d'expression dans un pays où la liberté de presse est, pour ainsi dire, inexistante».

- Avec Claude Plante

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