Coups de fouet à Raif Badawi: le fédéral reste muet

Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement canadien est resté muet... (Archives Le Droit)

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement canadien est resté muet vendredi malgré que Raif Badawi ait reçu ses premiers coups de fouet.

Contacté par La Tribune, le responsable des communications du ministère François Lasalle a affirmé que le gouvernement n'émettrait aucun commentaire dans ce dossier.

« La réponse à cette situation demeure la même qu'hier (jeudi), c'est-à-dire la déclaration de l'ambassadeur canadien pour la liberté de religion, Andrew Benett », s'est-il contenté de répondre.

Jeudi, le ministère a effectivement envoyé aux médias un communiqué de presse de quelques lignes dans lequel M. Benett se disait préoccupé par la situation.

« La flagellation publique devant une mosquée de Djeddah, chaque semaine pendant 20 semaines, à raison de 50 coups de fouet chaque fois, constitue une atteinte flagrante à la dignité humaine, ce que je dénonce avec force.

« Nous continuons d'appeler à la clémence et à la pitié des autorités saoudiennes dans cette affaire », pouvait-on lire.

Le NPD réagit

Alors que les conservateurs restaient silencieux, le Nouveau parti démocratique a quant à lui réagi vendredi.

« Les néo-démocrates sont horrifiés que le défenseur de la liberté d'expression saoudien Raif Badawi ait été flagellé en public, aujourd'hui (vendredi), dans le cadre de sa sentence », a déclaré par voie de communiqué le porte-parole de l'opposition officielle en matière de droits de la personne, Wayne Marston.

« En mai dernier, j'ai écrit au ministre des Affaires étrangères, John Baird, afin de lui demander d'intervenir auprès de ses homologues d'Arabie Saoudite et d'assurer la libération de M. Badawi. Je n'ai toujours pas reçu de réponse du bureau de M. Baird, mais aujourd'hui je réitère ma demande et le somme d'intervenir dès aujourd'hui et d'exiger la libération immédiate de M. Badawi avant que l'exécution de sa sentence ne se poursuive.

« La femme et les enfants de M. Badawi résident actuellement au Canada. Il faut absolument faire tous les efforts pour assurer sa libération afin qu'il puisse revenir auprès de sa famille et éviter cette horrible punition infligée parce qu'il s'est exprimé librement », conclut M. Marston.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a réagi vendredi au silence du gouvernement fédéral. « Monsieur Harper a dénoncé les extrémismes religieux dans la foulée de la tuerie à Charlie Hebdo. Mais on ne l'entend pas sur le cas de Raif Badawi, blogueur saoudien emprisonné pour avoir défendu la liberté d'expression, qui est aussi une victime des extrémistes. Il préfère laisser parler le "Bureau de la liberté de religion"  du ministère des Affaires étrangères, qui, après des mois, vient de prendre position pour la toute première fois au sujet de M. Badawi [...] », a-t-il exprimé par voie de communiqué.

Il a par ailleurs été impossible d'obtenir les commentaires du député fédéral de Mégantic-L'Érable, Christian Paradis, ainsi que ceux du premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Dans les deux cas, La Tribune n'a pas obtenu de retour d'appel.

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