Une journaliste aux premières loges de l'horreur (vidéo)

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(SHERBROOKE) « L'ambiance était très calme lors du rassemblement à la place de la République. Oui, les gens rencontrés craignent les conséquences à plus long terme de cette tragédie, mais c'est leur unité qui ressortait le plus. »

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Émilie Côté

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Correspondante à Paris pour le quotidien La Presse, la Sherbrookoise Émilie Côté bouclait ses valises, hier en fin de matinée, lorsqu'elle a entendu des coups de feu. Après un mandat de quatre mois dans la capitale française, elle finalisait les préparatifs en vue de son retour au pays prévu pour aujourd'hui.

« Je n'ai pas réalisé immédiatement qu'il s'agissait de coups de fusil. J'étais en congé dans mon appart en train de plier bagage. Puis une amie m'a prévenue », raconte la journaliste jointe par téléphone en fin de soirée.

Ses réflexes professionnels ont aussitôt pris le dessus. Émilie Côté a pris son calepin et son sac et elle s'est rendue sur place, à moins de cinq minutes à pied de sa résidence.

« Lorsque j'ai appris le drame, je n'ai pas réfléchi, je savais que je devais couvrir l'événement », explique celle qui a repoussé son départ de Paris de trois jours.

Vent de solidarité

«Les gens rencontrés au rassemblement disaient : la vie doit continuer, il faut rester nous-mêmes, rester libres.»


Rendue devant les locaux de Charlie Hebdo, moins d'une heure après l'attentat, Émilie Côté a réalisé que les assaillants étaient toujours en cavale et qu'elle courait, comme tous les autres journalistes et Parisiens, un certain risque. Mais elle ne s'est pas attardée à ce facteur et jamais elle ne s'est sentie en danger.

« À mon arrivée, un périmètre de sécurité avait déjà été établi, les policiers et les journalistes étaient nombreux et le président François Hollande était sur place. À ce moment, on nous disait qu'il y avait 10 morts », relate celle qui a passé des heures devant l'immeuble où le journal satirique avait pignon sur rue afin d'obtenir, au compte-gouttes, de nouvelles informations.

Au cours de la journée de mercredi, un vent de solidarité s'est levé entre les journalistes du monde entier. Les réseaux sociaux ont débordé de messages de soutien envers l'équipe de Charlie Hebdo et de tristesse face à l'horreur. Les groupes Radio France, Le Monde et France Télévisions ont par ailleurs annoncé mettre « à disposition de Charlie Hebdo et de ses équipes l'ensemble de leurs moyens humains et matériels » pour que l'hebdomadaire « continue à vivre ».

« Étant donné que le drame touche la liberté d'expression, effectivement, tous les médias se sentent concernés », témoigne Émilie Côté.

La même solidarité était présente à la place de la République où plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont réunies en soirée.

« À l'instar du message du président français, les gens rencontrés au rassemblement disaient : la vie doit continuer, il faut rester nous-mêmes, rester libres », résume la journaliste qui s'est retrouvée, à son insu, en plein milieu d'une triste page de l'Histoire française.

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