Haïti: ramener les jeunes à la campagne

Cinq ans après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, la reconstruction... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Cinq ans après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, la reconstruction n'a pas évolué au rythme souhaité par la population, qui manifeste fréquemment son dépit. Les tensions politiques demeurent. Le 12 janvier 2010 à 16 h 53, le séisme d'une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter a fait quelque 300 000 morts en plus de détruire une bonne partie des bâtiments du pays.

Des organismes de Sherbrooke continuent à s'impliquer en Haïti en partenariat avec des citoyens dans diverses sphères, de la médecine à l'agriculture, en passant par le microcrédit, tant à Port-au-Prince que dans certaines communautés rurales.

Présent au Mali et au Pérou, le Carrefour de solidarité internationale (CSI) de Sherbrooke mise aussi sur un solide partenaire-terrain en Haïti pour améliorer non seulement la sécurité alimentaire en région rurale, mais pour contribuer à leur prise en main économique.

« Nous avons réussi à trouver un partenaire solide impliqué dans les milieux ruraux. Un an après le séisme, nous avons commencé nos interventions », explique l'agent-terrain pour Haïti au CSI, Étienne Doyon.

Avec son partenaire haïtien de l'Institut de recherche et d'animation technique en aménagement du milieu en Haïti (IRATAM), le CSI mise sur une approche de Jardins de café sous couvert forestier dans les communes de Mobin-Crohu et Bois-de-Laurence dans le Nord-Est haïtien.

Après l'abandon des programmes d'aide de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), le CSI s'est retroussé les manches dans le cadre d'une campagne majeure de financement. L'organisme sherbrookois a non seulement poursuivi ses activités en Haïti, mais a aussi trouvé des bailleurs de fonds privés pour mettre sur pied des centres de transformation de café.

« Nous visons à ce que les communautés où nous intervenons passent d'une situation de dépendance à une reprise de contrôle de leur développement. Nous souhaitions qu'ils passent du mode artisanal de production à celui où ils peuvent établir une production exportable via des coopératives de producteurs », explique Étienne Doyon.

L'IRATAM et le CSI visent la construction des centres de transformation de café dès cette année.

« Nous avons réussi la première phase dans les temps que nous souhaitons. L'objectif est de miser sur la culture du café et l'exportation pour faire entrer de l'argent dans ces communautés. Le mode d'agriculture sous couvert forestier assure leur sécurité alimentaire », poursuit l'agent-terrain pour Haïti au CSI.

À la suite du séisme de 2010, plusieurs sinistrés ont quitté momentanément la capitale Port-au-Prince pour les zones rurales.

« Au bout de six à huit mois, ils étaient retournés à Port-au-Prince. Les conditions de vie dans la capitale ne sont pas faciles. Les projets sur lesquels nous travaillons visent à retenir les jeunes dans les communautés rurales. Il faut offrir des conditions afin de rendre attrayant le milieu agricole. Ce n'est pas un défi unique à Haïti. Nous pouvons facilement faire la comparaison avec ici où plusieurs jeunes quittent la campagne pour la ville. Dans notre vision à long terme, nous souhaitons que les communautés rurales haïtiennes puissent retenir leurs jeunes en offrant de bonnes perspectives », mentionne Étienne Doyon.

Ce dernier rappelle que l'organisation de la société civile qu'est le CSI intervient directement en partenariat avec un organisme de la société civile en milieu rural. « Il n'y a pas de pays sans paysan », rappelle Étienne Doyon du CSI.

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