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(Sherbrooke) Sur le chandail de Patrick, 1 an, une moto et une inscription : tel père, tel fils. Le papa est juste à côté avec son t-shirt Harley-Davidson et sa chaîne en or. Le père et le fils ont le même mohawk sur la tête et le même sourire calme au visage.

Assise à côté de Patrick et de son père Marcel, 45 ans, la maman Isabelle, 33 ans.

«Quand j'ai rencontré Isabelle, elle avait 19 ans et elle ne l'avait pas eu facile».

À cause d'un problème de consommation, sa mère avait quitté le nid familial et Isabelle et sa soeur ont été élevées par leur père, lui aussi alcoolique. «Quand mon père l'échappait, on se retrouvait en famille d'accueil. Puis ç'a été le Relais Saint-François et Val-du-Lac. Parce que la protection de la jeunesse s'est transformée en délinquance et en jeunes contrevenants. Une chance que j'ai rencontré Marcel. Il  m'a beaucoup aidé», raconte Isabelle.

Le couple est ensemble depuis 14 ans, mais n'a décidé que récemment d'avoir un enfant. « Sa soeur et son père sont décédés. Et puis il y a sa mère qui a une cirrhose du foie. Nous, on va rester ensemble jusqu'à la fin, c'est officiel. Mais j'ai quand même 12 ans de plus qu'elle et je ne suis pas éternel», confie Marcel pour expliquer que c'est pour bâtir une famille à Isabelle quand tout le monde sera parti que le couple a décidé de se lancer dans l'aventure parentale.

Elle a mis trois ans à tomber enceinte et quand ce fut le cas, ils ont commencé un suivi médical, comme tout le monde.

«On a été honnêtes. On a dit au médecin qu'on consommait du pot. Pour nous, c'était pas si mal, c'était un mode de vie», expliquent-ils.

Mais le médecin a averti les services sociaux.

«Je pensais arrêter un mois avant l'accouchement pour pouvoir allaiter. Mais Patrick est né un mois à l'avance. On m'a provoquée, car il était très petit. On a jugé que j'avais mis la vie de mon enfant en danger», explique Isabelle.

Trois jours après la naissance de Patrick, la DPJ entre dans le décor. On est prêt à retirer la responsabilité du poupon à ses parents. À moins qu'ils se laissent aider par la Villa Marie-Claire. Perdre Patrick n'était pas une option.

Isabelle déménage à la Villa. Marcel rend visite à sa conjointe et son fils tous les jours de 8h à 20h. Le couple cesse complètement de consommer, du jour au lendemain. Avec l'aide de professionnels en toxicomanie. «J'ai encore réalisé comment j'étais chanceuse d'avoir Marcel toujours avec moi, alors que les autres pères venaient faire une petite visite une fois par mois», témoigne la maman.

«Tu te ramasses pas à la Villa par hasard ou par choix. Pendant mon séjour, il y a plus de mères qui sont parties sans leur enfant qu'avec. Quand j'étais jeune, je suis passée dans le système et je ne voulais pas ça pour mon enfant», ajoute-t-elle, heureuse que Patrick ait des parents sans drogue.

Six semaines suffisent pour que les parents démontrent leurs habiletés parentales. Après coup, leur expérience à la Villa est positive. La preuve est qu'une fois par mois, la famille va faire une visite de courtoisie aux éducatrices, même si la DPJ est sortie de leur vie depuis des mois. Le trio a participé au réveillon organisé par l'organisme.«Les éducatrices nous aiment toutes. On a notre photo dans le bureau», précise le papa pendant que Patrick, assis sur ses genoux, sourit.

Les éducatrices confirment que c'est une des histoires qui finit bien et que Patrick et ses parents sont toujours les bienvenus.

«Maintenant avec Patrick, on profite tellement de la vie», lance Isabelle.

«Ça change une vie, mais pour le mieux», ajoute Marcel.

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*Les noms ont été modifiés pour préserver l'anonymat des membres de la famille.

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