Réformes Couillard: pas d'assouplissements en vue

Philippe Couillard... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Philippe Couillard

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(SHERBROOKE) Regroupement des commissions scolaires, loi 3 sur les régimes de retraite dans les municipalités, loi 20 pour une réforme du système de santé, les projets nombreux du gouvernement de Philippe Couillard font réagir. Certains diront que le mécontentement exprimé par la population force les politiciens au pouvoir à reculer. Mais la grogne est-elle aussi importante que certains aimeraient le croire?

Emmanuel Choquette, politologue à l'Université de Sherbrooke, croit que oui, même s'il apporte quelques nuances. «Ça ne peut pas être autrement parce que le gouvernement ratisse large en mettant en place beaucoup de mesures qui touchent beaucoup de programmes. Les réformes mises de l'avant touchent beaucoup de personnes, tant les travailleurs que ceux qui profitent des services offerts. Est-ce que le mécontentement est plus fort qu'à l'habitude, je pense que oui. Est-ce que c'est un sommet? Il faut mettre des bémols...»

Selon M. Choquette, la population est favorable à ce qu'il y ait une restructuration qui rendrait l'État plus efficace. «Mais pour l'instant, ça se transforme en centralisation pour enlever des intermédiaires pour avoir un flux plus direct entre les décisions qui sont prises et ce qui se passe. Il faut toujours garder l'oeil ouvert, mais ce qui est important, c'est de regarder quels sont les résultats visés et observer les effets de ces politiques. Le pari du gouvernement, c'est que ces mesures sont essentielles, que le Québec se portera mieux. Est-ce que ça se traduira comme ça? C'est surtout ça qui fera mal, mais pour l'instant, dans les sondages, ils sont encore majoritaires à appuyer les mesures. Il n'y a pas eu de débordements majeurs. Il n'y a pas eu trop de casse. C'est une bonne nouvelle que collectivement, la population s'exprime sans débordements.»

Le ministre de l'Éducation a semblé reculer pour certaines de ses coupes qui touchaient l'aide aux devoirs. La possibilité de cesser les contributions à la revue Les Débrouillards a aussi été abandonnée. S'agissait-il de ballons politiques pour tester la réaction du public? «C'est vrai qu'il y a eu des ballons. Le premier ministre ou les ministres Bolduc ou Barrette ont pris le micro pour faire part de leurs visions plus ou moins claires, mais il y a eu aussi beaucoup de rumeurs et de fuites qui ne sont pas toujours la faute du gouvernement. C'est nécessairement lié au fait que le gouvernement n'est pas arrivé avec une vision claire dès le départ, ce qui est peut-être difficile à faire et qui peut faire peur à la population.

«On ne peut pas tout faire dans un bloc. Il faut que les changements soient progressifs, mais réalisés rapidement pour profiter de la fenêtre de la première année de gouvernance, où les gens au pouvoir ont encore la sympathie des électeurs.»

Serait-il juste de penser que le mécontentement a davantage été dirigé vers les ministres que vers le premier ministre lui-même? M. Choquette croit que Philippe Couillard donne beaucoup de place à ses ministres. «C'est le souffle de parler d'une seule voix, de démontrer l'esprit d'une équipe qui fera un virage majeur dans la façon dont elle gère la fonction publique.»

Il est tout à fait normal, aussi, que les électeurs comparent les engagements actuels du gouvernement libéral avec ceux du mandat de Jean Charest, en relevant les contradictions. «S'ils n'avaient jamais cessé de gouverner, les libéraux auraient peut-être fait les mêmes modifications parce que le Québec a changé. Il ne faut pas oublier que le Parti québécois s'alignait aussi pour des restructurations importantes. Sans présumer de ce qui serait arrivé, ils avaient déjà lancé le débat sur les commissions scolaires. La volonté de restructurer était là.»

Selon Emmanuel Choquette, il ne faut pas s'attendre à des assouplissements dans les prochains mois. «Je doute qu'on fasse des mesures aussi majeures pour ensuite défaire ce qu'on a fait. À court terme, j'ai l'impression que la volonté de réduire la taille de l'État restera pour un petit bout.»

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