Gérald Larose déplore la «crise financière planifiée»

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) La crise des finances publiques dont parle le gouvernement Couillard est une « crise financière planifiée » qui n'a rien à voir avec le redressement des finances publiques, estime Gérald Larose. En fait, le but ultime de cette crise est de démolir le modèle québécois actuel afin de le soumettre aux diktats du néolibéralisme, prétend l'ancien président de la CSN, qui appelle la population civile à se mobiliser comme elle l'a fait lors du Printemps érable de 2012 afin de forcer le gouvernement à engager un véritable dialogue avec ses citoyens.

Invité à prendre la parole mardi midi devant la Corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC), l'ancien président de la CSN s'est livré à une charge à fond de train contre les « idéologues » du gouvernement Couillard qui sont à la tête des réformes controversées, tant en matière de finances publiques qu'en santé et en éducation.

Parmi les membres du cabinet Couillard qu'il juge responsables du virage néolibéral, Gérald Larose s'en est pris au président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, et au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qu'ils qualifient de « paresseux » dans leur façon de gérer leurs réformes.

« Martin Coiteux est le plus idéologue des idéologues de cette équipe, a soutenu Gérald Larose. Professeur aux HÉC, blogueur, qui a fait disparaître tous ses blogues depuis qu'il est élu... Bref, voilà un homme qui n'a jamais rien dirigé de sa vie - au plus deux secrétaires - et qui se retrouve aujourd'hui à la tête de l'État, en train de jouer du sabre avec une seule obsession : arriver à zéro dans les deux colonnes pour la prochaine année... »

Aujourd'hui président de la caisse d'économie solidaire Desjardins, Gérald Larose estime que l'heure est davantage à des solutions novatrices en matière de gestion des finances publiques qu'à des coupures dont l'effet reconnu est de ralentir l'activité économique au lieu de la stimuler.

Selon Gérald Larose, une approche « innovante » consisterait, entre autres, à éliminer les dédoublements entre les programmes provinciaux et fédéraux, à mieux gérer les coûts du système de santé liés aux salaires des médecins et au prix des médicaments qui représentent à eux seuls 35 % des dépenses.

Une véritable réforme économique et sociale ne peut se faire sans tenir compte du potentiel énorme des régions, soutient en outre Gérald Larose, en faisant référence à l'apport des coopératives et autres entreprises d'économie sociale. « Il faut à tout prix protéger l'expertise et la dynamique de la création d'emplois. Tout ce qui génère de l'activité économique doit être préservé absolument. »

Selon lui, les réformes actuelles et à venir du gouvernement Couillard auront un impact négatif sur le climat social au Québec. « Nous allons assister à une paralysie générale du dispositif public » qui, loin de relancer l'économie, créera plus de chômage.

À son avis, les entreprises collectives vont mieux résister que les autres au vent de changement qui s'annonce. « C'est normal, lorsqu'on est plusieurs têtes à prendre une décision, on a plus de chances d'avoir raison », dit-il, en prédisant toutefois des jours difficiles au fur et à mesure que les réformes seront implantées. Mais selon Gérald Larose, « la société civile est capable de les arrêter. On va saigner du nez, mais on va y arriver », a-t-il conclu sur une note imagée.

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