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Ottawa: un gardien de sécurité originaire de Windsor dans la ligne de tir

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Comme ça s'annonçait pour être une journée comme les autres, Louis Létourneau était comme d'habitude d'humeur à blaguer mercredi matin. « Dans le monde des Schtroumpfs, tout le monde est joyeux et rit tout le temps. Normal, l'herbe leur chatouille toujours les couilles! » a-t-il mis en ligne comme clin d'oeil humoristique en prenant son petit déjeuner.

 Louis Létourneau... (Photo fournie) - image 1.0

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 Louis Létourneau

Photo fournie

Son travail allait le sortir quelques heures plus tard de l'univers des bandes dessinées. Le père de famille de 47 ans, originaire de Windsor, est l'un des agents de sécurité s'étant retrouvés dans la ligne de tir de l'homme armé qui a réussi à s'introduire dans le Parlement du Canada après avoir abattu un militaire. Il est aussi de ceux qui lui ont donné la réplique.

Louis Létourneau aurait atteint à l'épaule l'agresseur présumé, Michael Zehaf Bibeau, avant que celui-ci ne reçoive le projectile ayant causé sa mort. « La réalité est venue remplacer la fiction. Le premier bang m'a fait mettre la main sur mon arme et en une fraction de seconde, j'étais prêt à un duel avec une seule fin possible... Rester vivant! », a-t-il décrit à ses amis Facebook au lendemain de l'affrontement.

« Après des échanges de coups de feu à courte distance, mon adversaire a eu tôt fait de constater que, même de loin, malheureusement pour lui... je vise très bien! Le reste de l'histoire appartient à un homme d'une grande expérience. Il a fini la job que certains de mes collègues et moi avions commencée », a ajouté comme détails M. Létourneau.

«Quand Louis m'a appelée pour me dire de ne pas m'inquiéter, il était encore sous l'effet de l'adrénaline.»


Louis Létourneau (en haut à droite) avec d'autres... (Photo tirée de Facebook) - image 3.0

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Louis Létourneau (en haut à droite) avec d'autres agents de sécurité et le premier ministre Stephen Harper.

Photo tirée de Facebook

Le sergent d'armes Kevin Vickers a eu droit à une longue ovation hier après-midi aux Communes pour avoir dramatiquement mis un terme à cette confrontation. Un hommage qu'il a partagé avec tous ses collègues du service de sécurité. Louis Létourneau est l'un de ceux à qui le mérite revient.

Lié à l'enquête policière, M. Létourneau ne peut répondre aux questions des journalistes. Son épouse Annie Vachon, native de Sherbrooke, témoigne toutefois avoir vécu des moments intenses.

« Quand Louis m'a appelée pour me dire de ne pas m'inquiéter, il était encore sous l'effet de l'adrénaline. Il peinait à trouver ses mots. Ce qui vient de se produire est gros, m'a-t-il simplement résumé. Ce n'est que plus tard dans la journée, une fois remis de ses émotions, qu'il a été en mesure de tout m'expliquer en détail. »

Immédiatement après le coup de fil réconfortant de son mari, Mme Vachon a ainsi exprimé son soulagement sur son babillard électronique :

« Je n'ai jamais autant apprécié ton appel mon amour ».

Ça dit tout.

« Pas plus tard que samedi soir, lors de retrouvailles entre copains, Louis nous racontait ne jamais avoir dégainé son arme. Ce sang-froid et ce leadership, c'est le Louis que je connais depuis l'âge de quatre ans», dépeint son ami Éric Champagne.

« Je sais que Louis exerce un métier dangereux, j'en ai toujours été consciente. Vous ne pouvez pas savoir comment j'ai été rassurée d'apprendre qu'il n'était pas blessé. Quand ça implique un membre de notre famille, ça vient vraiment nous chercher », raconte sa belle-mère Lucille Grondin, qui a suivi les reportages télévisés depuis la Floride.

Un Estrien se trouvait donc parmi les membres de la brigade ayant défendu au péril de leur vie des représentants politiques de l'Estrie.

« Je connais M. Létourneau. Il me salue chaque fois que nous nous croisons. Je ne savais pas qu'il s'était retrouvé en présence de l'agresseur. Il faut rendre hommage à ces gens courageux qui sont chaque jour sur la ligne de feu », exprime comme gratitude le député de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu compte souligner cette contribution devant la Chambre haute.

« J'utiliserai mon droit de parole pour vanter les mérites des agents comme M. Létourneau. Le sentiment de sécurité doit revenir au Parlement. Pour le moment, le traumatisme est grand. Je n'ai cessé de regarder derrière moi en me rendant au bureau ce matin. »

Bien que le Canada soit un pays immense, le monde est petit. J'ai réalisé en approfondissant mes recherches sur M. Létourneau qu'il est « LE » Louis que je croise occasionnellement lorsqu'il rend visite à sa belle-famille, mes voisins. Ses enfants ont joué avec les miens.

Jamais nous n'avons échangé sur nos emplois respectifs. C'est ben pour dire...

Chapeau, Louis!

Pour lire son récit complet ou pour ajouter votre nom à la longue liste de ceux qui lui envoient un bravo, tapez Louis Létourneau sur FB. Celui qui a étudié au Collège Champlain et dont le profil est illustré par deux agents de sécurité est celui que vous devez féliciter.

Le récit de Louis Létourneau sur Facebook

Pendant plusieurs années, je me suis imaginé et fabriqué des dizaines de possibilités de scénario en lien avec mes postes de travail. 

- Ok, si un tireur arrive de ce côté, je fais quoi?

- Si plutôt il surgit à partir de là, quelles sont mes options ? 

- Ai-je le temps de dégainer mon arme et faire feu s'il passe par là ? 

Mais voilà qu'hier, la réalité est venue remplacer la fiction. Le premier "bang" m'a fait mettre la main sur mon arme et en une fraction de seconde j'étaisprêt à faire un duel avec une seule fin possible... Rester vivant !

Après des échanges de coups de feu à courte distance, mon adversaire a eu tôt fait de constater que même de loin, que malheureusement pour lui...je vise très bien !

Le reste de l'histoire appartient à un homme d'une grande expérience. Il a "fini la job" que certains de mes collègues et moi avions commencer.

Le plus important a retenir est que nous sommes tous rentrer chez nous vers nos familles et que la mission est accomplie...nous sommes vivants !

Bravo à mes collègues qui sont là pour assurer la sécurité de ceux et celles qui franchises les portes du Parlement.

Merci encore à tous ceux et celles qui ont pris des nouvelles et/ou qui ont manifesté leur soutien à mon égard, vos bons mots sont très réconfortants.

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