«On attaque directement le Canada»

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(SHERBROOKE) Aux yeux du David Morin, professeur de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, on peut dire qu'il y a maintenant un «avant» et un «après» 22 octobre pour le Parlement canadien. «À l'échelle du Canada, c'est un monument important. Reste à savoir si le tireur avait des motivations politiques.»

«Mais ce n'est pas la première fois que le Canada est attaqué de la sorte. Souvenez-vous des actions du FLQ, de l'attentat contre l'avion d'Air India, de Denis Lortie au parlement de Québec, de Richard Bain au Métropolis, etc. C'est important de rappeler tout ça.»

Pour ce spécialiste des relations et de la sécurité internationales, le fait que le Canada participe aux efforts de guerre ailleurs sur le globe peut en faire une «cible» pour les terroristes. «C'est une des conséquences possibles», dit-il.

«Il ne faut pas céder à la panique. Mais deux individus sont passés à l'acte. Est-ce qui en aura d'autres? Quand, demain ou dans cinq ans? On ne semble pas avoir affaire à un complot. Il faut traiter cela avec délicatesse.»

M. Morin souligne que le Canada se retrouve dans les mêmes souliers que les Français, les Anglais et les Espagnols, des pays au passé colonial. «Le Canada n'a pas ce passé colonial, mais il est engagé militairement à l'international», répond-il.

Des valeurs modifiées?

«Je me sens mal plus comme citoyen canadien que comme militaire en voyant ce qui s'est passé à Ottawa. J'ai peur que nos valeurs qui nous sont chères soient modifiées.»

«C'est certain qu'on se sent visés, mais j'aime mieux être du côté de l'action que de celui de l'indifférence.»

Militaire réserviste depuis 2006, un soldat estrien qui désire garder l'anonymat se disait grandement peiné de voir se dérouler la fusillade survenue sur la colline parlementaire à Ottawa mercredi. «On a attaqué directement le Canada» en s'en prenant à l'institution parlementaire avec des armes.

«Ma plus grande crainte c'est de voir ce pourquoi on s'est battu, comme nos valeurs d'égalité et de non-violence, va changer», lance-t-il, lors d'un entretien accordé à La Tribune.

«Comme militaire, je trouve ça dégueulasse qu'on s'attaque à une institution, mais ça serait encore plus dégueulasse si les tireurs s'en étaient pris à une garderie ou une école.»

Le soldat à temps partiel, qui se trouve en voyage d'affaires à l'extérieur du Québec, dit que des événements de la sorte et ceux de Saint-Jean-sur-Richelieu plus tôt cette semaine le confortent dans sa décision de joindre les forces. «C'est certain qu'on se sent visés, mais j'aime mieux être du côté de l'action que de celui de l'indifférence», lance-t-il au téléphone.

«Ça donne une autre raison d'avoir joint les forces, mais ce n'est pas certain que, comme réserviste de Sherbrooke, je serai obligé d'aller combattre dans une éventuelle guerre.»

Enfin, le militaire espère que les activités entourant le jour du Souvenir ne seront pas modifiées à la suite des attentats des derniers jours. «Malheureusement, je le crains», dit-il.

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