Le président de MMA accuse le conducteur du train

Peu après l'octroi d'une aide de 60 millions de dollars à Lac-Mégantic par le... (Imacom, Julien Chamberland)

Agrandir

Imacom, Julien Chamberland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Jérôme Gaudreau

(Lac-Mégantic) Peu après l'octroi d'une aide de 60 millions de dollars à Lac-Mégantic par le gouvernement provincial, le propriétaire de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) a effectué une visite très attendue par la communauté et les médias canadiens mercredi après-midi.

Après s'être dit désolé et abattu par le drame survenu dans la nuit de vendredi à samedi, Edward Burkhardt n'a pas hésité à mettre en partie la faute sur le dos de l'opérateur du train, Tom Harding, suspendu sans solde depuis les événements.

« Pourquoi est-il suspendu? Parce que je crois qu'il a fait quelque chose de mal. Il nous disait qu'il avait appliqué de nombreux freins à main, mais il semble que ce ne soit pas le cas. Je vous assure qu'il ne travaillera plus jamais pour nous. »

Le propriétaire de MMA tient donc responsable le conducteur du train accidenté de Lac-Mégantic, Tom Harding, des 15 décès annoncés et de la disparition des quelque 60 personnes.

La veille, il le qualifiait pourtant de « héros » pour avoir tenté de réduire l'ampleur des explosions en reculant un dangereux convoi de wagons-citernes.

Peu après la tragédie, Edward Burkhardt a affirmé que l'arrêt du moteur de la locomotive avait entraîné une baisse de pression dans le système de freinage pneumatique, ce qui aurait causé ces explosions.

Attendu devant la polyvalente Montignac, c'est finalement devant l'école primaire du Sacré-Coeur que le président de MMA a présenté son point de presse sans avoir averti l'ensemble des médias.

La colère des citoyens s'est d'ailleurs bien fait entendre alors qu'il livrait sa version des faits et commentait l'hécatombe de Lac-Mégantic.

« Je suis dévasté comme si ce drame était survenu chez moi, dans ma communauté! Je comprends leur colère. Ce n'est pas facile d'être moi aujourd'hui », admet celui qui avoue avoir visité Lac-Mégantic plus d'une « centaine de fois auparavant ».

M. Burkhardt a une fois de plus affirmé que les pompiers de Nantes avaient également une part des responsabilités dans la tragédie, en éteignant le moteur de la première locomotive du convoi.

Le propriétaire aimerait évidemment retourner en arrière et empêcher la tragédie.

«Mais c'est malheureusement impossible, le mal est fait.»

Et pourquoi les gens et les médias ont tous l'impression qu'il s'est caché pendant tout ce temps?

« J'ai tenté d'agir le plus intelligemment possible et je communiquais mieux à partir de mon bureau aux États-Unis.»

Selon lui, est-ce que la cause serait plutôt criminelle ou accidentelle?

« Nous allons attendre tous les faits avant de statuer, répond le président de la compagnie. Les policiers tiennent une enquête criminelle totalement légitime. Mais je ne crois pas qu'il y ait eu de sabotage.»

Sachant qu'il est le propriétaire de cette compagnie impliquée dans ce plus grand incendie meurtrier de toute l'histoire du Québec, a-t-il été capable de trouver sommeil dernièrement?

«Si vous étiez fatigués comme moi, vous réussiriez à dormir!»

Et se dit-il prêt à payer pour tous les dégâts causés?

« Je ne connais pas ma fortune personnelle, mais nous allons nous retourner vers notre compagnie d'assurances canadienne.

M. Burkhardt n'a pu visiter l'endroit ravagé par l'explosion de son convoi.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer