Dr Vincent Échavé: « Il ne faut pas abandonner Haïti »

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(Sherbrooke) « Il ne faut pas abandonner Haïti. Nous devons continuer à aider ce peuple qui en a bien besoin. Rien ne fonctionne dans ce pays.»

Le Dr Vincent Échavé a appris avec tristesse vendredi que le gouvernement fédéral entend geler son aide financière à Haïti par l'Agence canadienne de développement international (ACDI).

Chirurgien sherbrookois bien connu pour ses missions en terre haïtienne, M. Échavé considère qu'il faut relancer ce pays touché par la famine, la pauvreté et les catastrophes naturelles.

« L'économie, la santé, l'éducation, les communications, tout est défaillant dans ce pays. Ce pays ne pourra pas faire ça tout seul. Beaucoup d'argent a été voté pour aider Haïti, mais combien a réellement été utilisé à bon escient? »

« L'un des plus grands problèmes, c'est que les gens n'ont pas de travail. Il y a de la violence partout. »

Rappelons qu'au lendemain du séisme qui a frappé Haïti en janvier 2010, une mission chirurgicale d'urgence avait été organisée avec la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. D'autres missions ont suivi. Le Dr Vincent Échavé a pris part à la première mission au lendemain du séisme. Le médecin s'est rendu trois fois en Haïti, dont deux fois en mission après le tremblement de terre. Son deuxième séjour avait dû être écourté, puisque lui et ses collègues avaient connu des ennuis de santé.

Jusqu'ici, l'aide internationale n'a pas amené les résultats escomptés, soutient le gouvernement fédéral. Depuis 2006, le Canada a offert environ un milliard de dollars.

Le Dr Échavé note toutefois qu'on devrait changer la manière de venir en aide au peuple haïtien. « Je ne suis pas retourné en Haïti, mais ça m'attriste. La situation ne s'est guère améliorée. C'est dommage parce que c'était le moment d'aider Haïti de façon efficace. Je verrais un soutien orchestré par l'ONU, sous la forme de l'aide qui a été faite au Japon après la Deuxième Guerre mondiale.»

« On devrait cibler davantage l'aide à Haïti. Au lieu d'aider sur tous les fronts, on devrait s'attaquer à un seul problème. Avec le temps, ça ferait peut-être des petits, avance le médecin retraité. Ce peuple a été comme anesthésié pendant de nombreuses années. Il a de la misère à se reprendre en main. Il se fie trop à l'aide offerte par la diaspora.»

Certains ont mentionné que ce pays au climat de rêve devrait se relever en misant sur le tourisme. Vincent Échavé n'y croit pas. « Qui va investir dans le tourisme en Haïti? Qui va aller en vacances en Haïti?», demande-t-il.

« C'est un beau climat, mais les gens ont peur. Des bateaux de croisière s'y arrêtent, mais c'est seulement pour quelques heures. Ça ne laisse pas vraiment d'argent pour faire la différence.»

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