Comme ils l'avaient promis à la fin juillet, les membres du conseil municipal se sont réunis au cours de l'après-midi hier pour discuter du règlement de la Ville qui interdit l'aménagement d'un jardin de grande superficie à l'avant de toute résidence de Drummondville.
La mairesse, Francine Ruest Jutras, a partagé les grandes lignes de la rencontre lors de la période de questions de la séance du conseil municipal, en soirée.
«Je propose de vous laisser terminer votre saison de production», a d'abord indiqué la mairesse.
Elle a également soutenu que ses collègues et elle allaient formuler un nouveau règlement qui permettra l'aménagement d'un jardin devant une résidence. «Toutefois, il est nécessaire d'encadrer les potagers en cour avant», a-t-elle mentionné.
Ainsi, les membres du conseil municipal étudieront ce qui est permis dans d'autres villes et imposeront des balises.
«Au début mars, on devrait être en mesure de déposer le règlement, qui pourrait peut-être même faire école», a affirmé Mme Ruest Jutras
Heureux d'apprendre qu'il pourra conserver son potager, Michel Beauchamp a tout de même fait remarquer aux membres du conseil, sur un ton courtois, qu'au mois de mars il est déjà un peu tard pour préparer les plants en vue de la saison estivale.
En entrevue après la séance du conseil municipal, la mairesse a indiqué que ses collègues et elle tenteront de présenter ce nouveau règlement le plus rapidement possible.
En apparence, un seul point semble demeurer litigieux entre le couple Beauchamp-Landry et les conseillers: celui de l'emprise municipale. Selon la mairesse, la portion de terrain considérée comme appartenant à la Ville doit demeurer libre et ne peut pas être utilisée par un citoyen. Alors qu'elle affirme que M. Beauchamp contrevient à cet élément, ce dernier est convaincu que son potager ne touche pas à l'emprise de la Ville. Ce point devrait être éclairci avec le nouveau règlement.
Une pétition de 35 000 noms
L'histoire des deux jardiniers de Drummondville a fait couler beaucoup d'encre au Québec et ailleurs dans le monde. Ils ont reçu l'appui de quelque 35 000 personnes de toutes origines dans une pétition électronique.
D'ailleurs, certains s'étaient déplacés hier pour encourager le couple dans sa cause. «J'avais peur que les villes commencent à interdire d'autres choses, comme les bacs à plantes sur le balcon», a expliqué Mylène Bolduc, convaincue que les pelouses vides seront éventuellement remplacées par d'autres végétaux.
Conscients qu'ils ont inspiré une partie de la population, Michel Beauchamp et Josée Landry veulent écrire un guide sur l'aménagement et l'entretien d'un potager. Ce feuillet gratuit contiendra des conseils de spécialistes qu'ils ont rencontrés dans la foulée des protestations entourant leur cause, comme Mélanie Grégoire, des Serres St-Élie.