«Dans le fond, il faudrait que chaque assassin (ait) le droit à sa corde dans sa cellule. Il décidera de sa vie», a-t-il lancé. M. Boisvenu croit que la peine de mort devrait être considérée pour les cas où il n'y a aucune possibilité de réhabilitation. «Dans des cas aussi horribles que (Clifford) Olson, est-ce qu'on peut avoir une réflexion à ce niveau-là? Des gens sur lesquels il n'y a aucune possibilité de réhabilitation, des gens qui ont assassiné des dizaines de femmes? Je n'ai pas beaucoup de pitié pour ça», a tranché le sénateur.
Il a avancé que la peine de mort dans ces cas-là serait alors désirable pour des raisons économiques. Il a souligné par exemple que les trois membres de la famille Shafia, reconnus coupables de meurtre cette semaine, coûteront 10 millions $ à l'État canadien.
Cette déclaration a fait le tour du pays à la vitesse grand V reprise par les réseaux de radio, de télévision, les sites internet et les médias sociaux.
Joint quelques minutes avant qu'un communiqué de son bureau soit publié, Pierre-Hugues Boisvenu a fait son mea culpa concernant la déclaration faite en point de presse en matinée dans les couloirs du parlement du Canada.
«Ce n'est pas une déclaration que j'aurais dû faire comme sénateur. Que l'on soit d'accord ou non avec les propos, ce n'est pas une déclaration publique que j'aurais dû faire dans le cadre de mes fonctions», mentionne M. Boisvenu.
Celui qui a été nommé au Sénat en 2010 sous la bannière conservatrice soutient que les propos tenus étaient inappropriés.
«Cette déclaration a été faite dans un contexte où les journalistes me questionnaient sur la réouverture de dossiers comme l'avortement et la peine de mort. J'ai mentionné que notre gouvernement n'avait pas l'intention de rouvrir ces débats. Et par la suite, je me suis inspiré d'une discussion que j'avais déjà avec une victime d'acte criminel concernant le sort de tueurs en série. C'est le type de déclaration que l'on peut faire comme citoyen, pas comme représentant au parlement», convient M. Boisvenu.
Ce dernier n'entend pas remettre sa démission au premier ministre Stephen Haper à la suite du tollé déclenché par cette déclaration-choc. «Mon sort demeure entre les mains du premier ministre. Je n'ai toutefois pas l'intention de remettre ma démission. S'il fallait que chaque fois qu'un politicien démissionne à chaque déclaration malhabile, les parlements seraient à moitié vides», rappelle Pierre-Hugues Boisvenu.
- Avec La Presse Canadienne